Identité
Type d'oeuvre : Cinéma
Année de sortie dans le pays d'origine : 2022
Date de sortie en France :
- 31/08/2022
Numéro RCA / VISA : 157855
Classification :
- Tous publics - 28/09/2022
Société(s) de production :
Description
Résumé
“Tu devras travailler tout l’été pour rembourser ta dette”, statue Hadisha. Le coupable ? Son fils Shabu. Sa faute ? Avoir détruit la voiture de sa grand-mère lors d’une virée entre potes. “C’est tout moi, je veux toujours faire plus que les autres”, s’en expliquera-t-il tristement, un peu plus tard, auprès de son meilleur ami Jahnoah. Avec les pénétrantes musiques soul et funk de Michael Varekamp, Jean-Thomas Cloutier et Giacomo Picasso, sa joie de vivre évitant tout misérabilisme - alors que l’action se déroule dans le quartier pauvre de Peperklip, à Rotterdam -, son discours humain sous-jacent sur la sociabilité - sans jamais être moralisateur -, et sa fin bouleversante - avec le retour de la grand-mère sur fond d’une trompette à la Miles Davis -, ce nouveau documentaire de Shamira Raphaëla est un moment de soleil et une élégie à l’espérance. Au détour de son pitch improbable et de son jeune héros, la réalisatrice (née d’une mère néerlandaise et d’un père de Curaçao, ayant elle-même grandi à Aruba au large du Venezuela), spécialisée dans les films sur les schémas familiaux, aborde en effet le sens de la responsabilité, l’importance d’être entouré de proches aimants et la solidarité entre voisins. Mais aussi les rêves adolescents en milieu défavorisé - notamment l’envie de devenir riche et star. D’entrée, le conseil de famille qui voit Shabu être “condamné” à travailler tout l‘été pour trouver les 1 200 euros nécessaires à la réparation de la voiture nous prend au cœur, entre sourire et compassion quand la mère conclut ainsi : “Il peut vendre des glaces à l’eau durant l’été”. Punition à la fois exemplaire et dérisoire au point qu’elle-même constatera plus tard qu’il faudrait en vendre des millions pour rembourser ! D’autant que s’il fait 19 ans, selon ce qu’on lui dit, Shabu n’en a que 14 et est aussi insouciant que rêveur, et plus encore maladroit (la scène où il détruit un sachet de bonbons à l’épicerie est un moment de drôlerie irrésistible). “Tu veux être artiste ? Alors sois vrai vis-à-vis de toi-même, aie confiance en qui tu es”, lui souffle son père, bienveillant, avant de l’inviter à savoir faire des sacrifices. Car Shabu est d’abord porté sur la musique. Pas un endroit où il n’utilise ses mains ou ses baguettes de batterie pour battre le rythme. Le rythme : élément clé de ce film au tempo vif alternant lieux externes et intimes, plans rapprochés sur les visages ou larges sur l’environnement, cadres fixes ou travellings. Certaines images sont mêmes admirables, comme lorsqu’il pose son visage rasséréné près d’un ventilateur après sa réconciliation avec Stephany, ou quand les cheveux de son père flottent dans la mer telle une méduse. Sans oublier la séquence finale où l’adolescent se blottit, heureux, contre sa grand-mère. Car tout autant qu’un film musical, Shabu est une histoire d’amour : avec Stephany, sa famille et son quartier. Un quartier où l’on tue parfois par armes à feu, ce qui donne in fine un ton tragi-comique à l’ensemble. “Je suis un petit gars de Peperklip”, chante Shabu à la fin. Et nous, nous lui souhaitons de grandir et de réussir.
Genre : Documentaire
Générique
Informations techniques
Métrage : Long
Durée d'origine : 76