Née de l’imagination de Balzac, la princesse de Cadignan est une femme au mythique passé de séductrice, désormais retirée chez elle. Elle reçoit la visite de son amie la marquise d’Espard, et feuillète avec elle l’album de ses conquêtes : Victurnien d’Esgrignon, qu’elle avait ruiné puis sauvé lorsqu’il s’était retrouvé en prison ; le fantasque baron de Nuncingen ; Michel Chrestien, qui se consumait d’amour pour elle et mourut sur les barricades. Au terme de cette évocation la princesse et la marquise s’avouent mutuellement qu’elles n’ont jamais éprouvé de véritable amour. Peu après, la marquise d’Espard vient suggérer à son amie de séduire l’austère député d’Arthez, dont la vie amoureuse se résume à d’hygiéniques rapports avec sa bonne. Cadignan accepte de clore sa carrière de séductrice par cet ultime défi. Les présentations sont faites lors d’un bal, et la princesse séduit d’Arthez en lui faisant un récit fictif de sa vie, et notamment des douloureux rapports qu’elle aurait eus avec sa mère. Il tombe amoureux, mais elle se refuse. Elle commande alors à la marquise de convoquer d’Arthez à un dîner où elle ne viendra pas, mais où tous ses anciens amants seront présents. Ces derniers révèlent à d’Arthez le vrai visage de Cadignan. Mais le député la défend avec panache, en vantant sa liberté d’esprit. Quelque temps après, Balzac les regarde marcher amoureusement côte à côte, et préconise de les laisser à leur mystère.