Los Médicos de Nietzsche

Film

Les Docteurs de Nietzsche

Jorge Leandro Colás

Année de production :  2023

Pays de production : Argentine

Identité

Type d'oeuvre : Cinéma

Année de sortie dans le pays d'origine : 2023

Date de sortie en France :

  • 09/10/2024

Numéro RCA / VISA : 158396

Société(s) de production :

Description

Résumé

« Ramener quelque chose de l’inconnu vers quelque chose de connu allège, tranquillise et satisfait l’esprit et procure un sentiment de puissance ». Tiré du Crépuscule des idoles de Nietzsche, cet extrait, que le docteur Esteban Rubinstein lit à ses collègues, semble s’appliquer aussi bien aux patients qu’aux médecins. Généraliste à l‘Hôpital italien de Buenos Aires, Rubinstein a redécouvert, au fil de son métier, la philosophie de Nietzsche qu’il avait rejetée durant ses études car elle entrait en conflit avec ce qu’il apprenait. Aujourd’hui, il la pratique avec ses patients et la transmet avec pédagogie et conviction à son équipe médicale. Au fil des inserts sur les lieux vides (tel un esprit serein) et les fenêtres ouvertes ou fermées (sas métaphoriques reliant intime et extime), et de ses entretiens avec Valeria Grossi, atteinte d’un cancer, Paco Siquo, hémiplégique depuis un accident de voiture, et Julio Gavagnin, inquiet d’encore fumer à plus de 65 ans, le montage crée, avec une extrême intelligence, un éclairage dynamisant et passionnant autour de cet homme de science désireux de réconcilier et de remettre à leur juste place médecine et philosophie, pratique et théorie, corps et esprit, lecture et verbe... Parcimonieuse, la musique surgit subtilement par vagues sourdes, aucun effet visuel ne vient divertir inutilement ce qui se dit ou se voit et les rares séquences « mises en scène » montrent avec gravité Rubinstein confronté à ses pensées de façon très pascalienne. Son but ? Remettre en cause la puissance qu’acquiert le médecin en rendant des diagnostics dont le but est de rassurer les patients, l’amener à accepter de dire « je ne sais pas », le sortir de l’illusion que comprendre c’est résoudre (« On ne peut vivre avec le risque zéro », dit Rubinstein à Siquo), bref : rejeter la notion de vérité définitive. « La vie, la nature, ce qui arrive, n’ont rien à voir avec la morale », plaide-t-il sans se lasser. Car « les choses sont ce qu’elles sont » et « le corps ne sépare pas l’émotionnel du reste ». Entre stoïcisme et allusions aux sciences cognitives, il rend ainsi, via son expérience sur le terrain, une étonnante modernité au philosophe allemand. Cela nous vaut même une fulgurante disputatio entre Gavagnin et Rubinstein, le premier, tout en demandant au second d’avoir foi en lui quant à son envie d’arrêter le tabac, lui lâchant cette phrase de Nietzsche : « La foi signifie ne pas vouloir connaître la vérité ». Peu importe si, en réalité, le philosophe évoquait avant tout la vérité des religions révélées destinée à phagocyter l’énergie vitale et à dominer par la morale. « Les humains apprennent avec la douleur », lui rétorque Siquo, cherchant à se tranquilliser par une approche mécaniste du corps. Mettant ses convictions en abyme, Rubinstein insiste toutefois pour ne pas transformer la philosophie en dogme à l’image de ce qu’est devenue la médecine. « Il faut avoir du chaos en soi pour enfanter une étoile qui danse », proclame le Zarathoustra de Nietzsche. Le finale de ce documentaire où patients cabossés par la vie et praticien s’abandonnent dans un même tourbillon dionysiaque en est la preuve. Un documentaire humainement et intellectuellement roboratif.

Genre : Documentaire

Générique

Réalisation :

Écriture :

Musique :

Équipe technique :

Production - Distribution :

Interprétation :

Informations techniques

Métrage : Long

Durée d'origine : 78

Couleur/NB : Couleur

Sonore/muet : Sonore

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