Toucher terre

Film

Jérémie Basset

Année de production :  2024

Pays de production : France

Identité

Type d'oeuvre : Cinéma

Année de sortie dans le pays d'origine : 2024

Date de sortie en France :

  • 16/10/2024

Numéro RCA / VISA : 163311

Description

Résumé

La terre, c’est un matériau minéral granuleux auquel, préférant sans doute à la matière sa métaphore, l’on ne s’intéresse que trop rarement. Ce film documentaire en témoigne. Les usages de la terre sont pourtant très nombreux, que ce soit en agriculture ou en architecture (ou en construction). La scène la plus réussie du film est le témoignage d’une femme vivant dans une maison en terre. Elle raconte la spécificité thermique de cette matière (on est au passage intrigué par la demeure elle-même, qu’on aimerait pouvoir observer davantage), qui isole parfaitement en été et garde la maison au frais, et qui peut faire office de radiateur naturel en hiver, à condition qu’elle soit maintenue à une température supérieure à seize degrés, sans quoi elle risquerait au contraire de refroidir sans cesse l’air ambiant. Plusieurs propos sur l’architecture sont édifiants, comme celui de Philippe Madec qui plaide pour un retour au lien entre territoire et matière, que le secteur toujours plus lucratif de la construction a fait disparaitre. Il s’agirait, plutôt que de ne mettre en œuvre qu’une seule matière - le béton -, de se poser la question du bon matériau au bon endroit, dans une perspective à la fois sociale et écologique. Ce propos original et rare a de quoi intéresser le spectateur, à plus forte raison s’il a l’impression d’apprendre en regardant le film. Pourtant, il semblerait que Toucher terre n’ait traité son sujet que superficiellement, sans se poser la question de ses multiples implications : la terre est certes un retour à la matière, mais elle n’est pas la seule matière. Quid de la matière cinématographique ? Tout ce discours nous est proposé alors même que le film est dépourvu d’esthétique de l’image, du son, du montage (une petite mélodie pauvre sert à effectuer les « transitions »), n’a pas de rythme, pas de progression. Pourquoi ne pas avoir, par exemple, décidé de filmer à la pellicule ? Pourquoi ne pas avoir questionné la manière dont le dispositif cinématographique pouvait permettre de regarder, d’écouter, de sentir la terre autrement ? C’est bien là le paradoxe d’un film qui défend le fond d’une forme alors même qu’il est une forme sans fond, sans réflexion ni recherche artistique. D’un côté l’omniprésence du béton est dénoncée, mais de l’autre le béton cinématographique - le numérique, l’“esthétique télévisuelle” - est employé sans conscience de cette contradiction. Nous sommes bien loin de la leçon donnée par Luc Moullet dans sa Genèse d’un repas, qui, au-delà d’une enquête bien plus complète sur l’industrie agroalimentaire, s’achève par un retour introspectif. On peut enfin déplorer le ton trop militant du film, qui ne s’en cache pas, et qui, dans une séquence maladroite où il s’agit de taper sur la terre pour la travailler, nomme explicitement ses ennemis : « Macron, Zemmour, Darmanin », des ennemis très génériques, dont la seule mention revêt l’ensemble d’un enduit de naïveté. C’est d’autant plus dommage que Jérémie Basset tenait entre ses mains un vrai sujet : un sujet d’architecture certes, mais aussi un sujet politique et économique complexe ; et surtout : un sujet de cinéma. 

Genre : Documentaire

Générique

Musique :

Équipe technique :

Production - Distribution :

Informations techniques

Métrage : Long

Durée d'origine : 68

Couleur/NB : Couleur

Sonore/muet : Sonore