La Déposition

Film

Claudia Marschal

Année de production :  2023

Pays de production : France

Identité

Type d'oeuvre : Cinéma

Année de sortie dans le pays d'origine : 2024

Date de sortie en France :

  • 23/10/2024

Numéro RCA / VISA : 161729

Société(s) de production :

Description

Résumé

Malheureusement, le cas est commun : au début des années 1990, Emmanuel, garçon solitaire âgé de 13 ans, a été abusé par le jeune et charismatique curé de son village, auquel il était très attaché. Se sentant délaissé par ses parents, Emmanuel aimait à passer des après-midis entières avec l’homme de foi, allongeant parfois, dans la voiture paroissiale, sa tête sur ses genoux pendant que le religieux lui caressait les cheveux. C’est lors d’une visite improvisée au presbytère, alors qu’il avait les vêtements mouillés, que le drame s’est produit. Découragé par sa propre culpabilité puis par les doutes de sa famille, Emmanuel et ses parents ont renoncé à porter plainte. Il faudra attendre trente ans pour qu’il se décide enfin à faire sa déposition. Une attente trop longue, entrainant le classement sans suite de la plainte et n’empêchant pas le curé de continuer à exercer. Au-delà de la personne d’Emmanuel, de son talent de conteur, de l’intérêt propre de son témoignage, c’est bien ce long silence, cette longue attente qui constitue le cœur et l’originalité de ce documentaire de création. Le sujet de La Déposition n’est pas tant la déposition que la non-déposition, que cet étrange passage de témoin de l’agresseur à l’agressé ; le premier, en atteste une lettre glaçante adressée par le curé Hubert à Emmanuel, semblant avoir tout oublié de l’histoire (ou tout effacé de sa mémoire, ou tout réécrit, ou décidé de sauver sa peau) alors que le second s’en repent encore et toujours, recherchant dans une autre foi, un autre baptême, une autre vie, son salut. Comme dans le Funny Games de Michael Haneke, la victime laissée à elle-même ne peut pourtant plus s’échapper de la prison qu’elle s’est elle-même construite, ou de ce que le mal a laissé au fond d’elle, envahissant son corps mais surtout son âme. En même temps qu’Emmanuel fait sa déposition - acte final par lequel il peut espérer sa guérison - l’œuvre s’interroge sur tous les obstacles qui l’ont empêchée jusqu’à présent, des obstacles sociaux certes, mais aussi plus hermétiques, plus ancrés, plus fondamentaux, plus métaphysiques. Le film est généreux et riche sur tous ces aspects. Le portrait à la fois humaniste et sociologique du père, pourtant responsable de ne pas avoir voulu croire son fils (en cause, un mélange de soumission à l’église, d’homophobie, de conformisme social et de nécessité économique), est réussi : il émeut et sonne vrai. Malgré la fin déceptive, l’adhésion de son père sonne comme la véritable conquête d’Emmanuel, la plus belle et grande consolation du film, sa part de lumière. Métaphysique car Claudia Marschal explore, à travers des formes diverses comme des images d’archives, un espace mental insondable, où les sentiments se mêlent et se contredisent, ou des ellipses tragiques, des trous de la mémoire, oublient l’essentiel, un essentiel pourtant bien présent, présent en tant qu’absent, absent car trop présent. Le témoignage bascule enfin dans un récit bouleversant sur la réconciliation : la réconciliation avec ses proches, avec son père, certes, mais surtout la réconciliation ô combien mystérieuse, pour une victime, avec soi-même.

Genre : Documentaire

Générique

Écriture :

Musique :

  • Compositeur de la musique originale : Lozarey

Équipe technique :

Production - Distribution :

Interprétation :

Informations techniques

Métrage : Long

Durée d'origine : 92

Couleur/NB : Couleur

Sonore/muet : Sonore

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