The Commandant's Shadow

Film

L' Ombre du commandant

Daniela Völker

Année de production :  2023

Pays de production : Etats-Unis

Identité

Type d'oeuvre : Cinéma

Année de sortie dans le pays d'origine : 2024

Date de sortie en France :

  • 06/11/2024

Numéro RCA / VISA : 163222

Description

Résumé

Autant qu’il s’en souvienne, Hans-Jürgen Höss vécut une enfance paisible et heureuse dans la belle bâtisse située à quelques encablures du camp d’Auschwitz et dont son père, Rudolf Höss, était le commandant. Il se rappelle jouer dans la piscine en compagnie de Püppi, sa sœur préférée, les jours ensoleillés ; pagayer sur la rivière Sola avec son père ; du bombardier, construit par des prisonniers, qu’il avait reçu en cadeau pour son anniversaire. Quatre-vingts ans plus tard, son fils, Kai, le questionne instamment : ne voyait-il point de fumée s’élever des fours crématoires ? Les pourtours de la maison étaient-ils si hermétiques au point d’occulter le moindre signe de cette mort industrialisée dont son père a été le zélé architecte, d’oblitérer tout élément à même d’alerter les sens sur une réalité autre qui se déroulait par-delà les murs ? « Ni pluies de cendres, ni nuage de fumée. Il n’y avait rien de tout ça », répond Hans en secouant la tête. Moins d’un an après la sortie de La Zone d’intérêt de Jonathan Glazer, pour lequel a été répliquée à l’exactitude la maison occupée par les Höss, il est troublant de « retourner » sur ces lieux avec pour guide l’un de ses anciens habitants, venant ainsi resituer cet étrange îlot d’insouciance aux abords de ce qui fut le plus grand complexe concentrationnaire. À l’appui d’archives, et avec pour fil conducteur des extraits de l’autographie de R. Höss, le documentaire confronte les preuves matérielles de l’Holocauste à la mémoire trouée de Hans-Jürgen qui a longtemps préféré jeter un voile sur la responsabilité paternelle dans la Solution finale ; ne pouvant croire à ce pour quoi il a été exécuté à la suite des procès de Nuremberg ; ne pouvant imaginer, non plus, que sa mère ait pu connaître les fonctions de son mari. Est alors mis en écho le destin de la famille Höss avec celui de Anita Lasker, survivante d’Auschwitz (grâce à sa place de violoncelliste dans l’orchestre des femmes) et de sa fille Maya, dont la vie s’est elle aussi articulée autour du silence ; tout autant inextricablement liée qu’exclue de l’expérience maternelle, incommunicable par essence, et qui se fait le vecteur d’un traumatisme en réverbération. Si Kai est devenu pasteur, comme pour réparer un passé dont il se sent tributaire, Maya enquête sur un héritage génétique et culturel vis-à-vis duquel elle s’est toujours sentie déracinée, désireuse de recueillir toutes les traces qui lui permettront de nouer avec un sentiment d’appartenance. Chez elle transpirent une fébrilité, un mal-être diffus sur lequel elle tente d’agir en sondant la mémoire de sa mère qui, quoique loquace, semble peu portée sur la sentimentalité. À l’instigation de Maya, ces deux familles que tout oppose et relie à la fois finissent par se rencontrer chez Anita, en Angleterre. Quoique ne soient jamais explicités, à l’intérieur du processus documentaire, la place et le rapport qu’occupe Daniela Völker entre tous ces protagonistes (ce qui peut donc questionner quant au caractère ostentatoire de l’exclusivité induite dans cette rencontre filmée), L’Ombre du commandant propose un angle rare et précieux sur la mécanique du déni et, par opposition, la potentialité réparatrice de la parole.

Genre : Documentaire

Générique

Réalisation :

Écriture :

Musique :

Équipe technique :

Production - Distribution :

Interprétation :

Informations techniques

Métrage : Long

Durée d'origine : 103

Couleur/NB : Couleur

Sonore/muet : Sonore

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