Se souvenir d'une ville

Film

Se souvenir d'une ville

Jean-Gabriel Périot

Année de production :  2023

Pays de production : Suisse

Identité

Type d'oeuvre : Cinéma

Année de sortie dans le pays d'origine : 2024

Date de sortie en France :

  • 13/11/2024

Numéro RCA / VISA : 152721

Société(s) de production :

Description

Résumé

Première partie : 1992-1996. De jeunes cinéastes continuent à filmer dans Sarajevo assiégée. L’un filme par la fenêtre les tirs qui s’échangent tout près. Un autre, volontaire à l’hôpital, parle de cette jambe amputée qu’il dut transporter. Un jeune homme filme dans un bus touché à l’instant par une explosion. Un jeune garçon, soldat de l’Armée de Bosnie, raconte son quotidien. Des combattants attendent dans la forêt, en souriant. Des jeunes gens dansent dans un abri antiatomique. On enterre un tout petit cercueil dans un parc. Seconde partie : 30 ans plus tard. Chaque cinéaste revient sur les lieux où il tourna, revoit les images filmées à l’époque, les commente et les contextualise. Les réalisateurs décrivent aussi les traces indélébiles laissées par le Siège et ses horreurs dans leur esprit. Le rôle ambigu de la FORPRONU et l’attitude passive de l’Europe durant le conflit sont également évoqués… Le film s’ouvre sur un carton précisant que nous allons voir des extraits de films tournés à Sarajevo durant le Siège. S’ensuit un enchaînement de séquences non contextualisées, sans titre, sans auteur. On repère certains visages, certaines voix. On suppose que telle et telle scènes ont été tournées par la même personne. Certains passages sont bruts, évoquant un reportage télévisé, d’autres relèvent de la fiction ou de la reconstitution. D’autres encore captent des moments de vie souriants, légers. Quelques extraits nous plongent aussi sans détour dans la tragédie. Certains bouleversent particulièrement, comme ce simple plan fixe, sans commentaire, d’un tout jeune garçon déjà soldat, qui parle comme un vieux briscard de sa voix d’enfant. S’ensuit, dans la seconde partie, le retour sur ces images par leurs auteurs. Tout se précise alors, et l’on revisite avec eux le sens de ce que nous venons de voir. Tel extrait, accompagné d’une voix off décrivant l’Armée de Bosnie comme noble et bienveillante, faisait penser à un film de propagande. Son auteur en assume pourtant chaque mot encore aujourd’hui. C’était en réalité un récit tout ce qu’il y a de plus sincère. Tous sont encore profondément touchés par ces images. Certains arrivent à rire en se racontant, d’autres sont plus graves. On découvre à les entendre l’importance à l’époque du cinéma, de la musique, des fêtes dans cette ville assiégée. Le dispositif mis en place par Périot dans cette seconde partie montre l’équipe de tournage accompagnant aujourd’hui les réalisateurs dans les lieux de leur jeunesse. Une façon d’ancrer un peu plus ces récits dans le concret. On se prend à se demander ce qu’on aurait fait à leur place. Aurait-on eu leur courage ? On se questionne aussi sur les raisons et les conséquences de la passivité des pays européens durant la guerre. Un des réalisateurs se disait à l’époque qu’à regarder sans rien faire, l’Europe verrait un jour le fascisme à ses portes… On regrettera peut-être que les extraits de la première partie soient « mélangés », sans titre ni auteur, comme si tous relevaient d’un même journal de bord collectif. Pour autant, le film est passionnant de bout en bout et riche en émotions comme en réflexions. 

Genre : Documentaire

Générique

Écriture :

Production - Distribution :

Informations techniques

Métrage : Long

Durée d'origine : 110

Couleur/NB : Couleur

Sonore/muet : Sonore

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