Identité
Type d'oeuvre : Audiovisuel
Unité documentaire : Unitaire
Date de sortie en France :
- 22/10/2025
Société(s) de production :
Numéro RCA / VISA : 159828
Classification :
- Tous publics - 21/10/2025
Description
Résumé
C’est au cours des repérages de son documentaire We Blew It
(2017) que Jean-Baptiste Thoret a l’idée de réaliser The Neon People. Tout part d’une découverte : sous le Strip, avenue emblématique de Las Vegas, un immense réseau de souterrains a, sur plus de 800 kilomètres, pour fonction d’évacuer notamment les eaux pluviales torrentielles de la vallée. Or, ce labyrinthe tentaculaire est devenu le refuge d’une Amérique non répertoriée : plus de 2 000 sans-abris y auraient élu domicile. Hormis ces derniers, personne n’ose fouler le sol bétonné des tunnels, trop sombres, trop dédaléens, trop dangereux. Ni les policiers, ni les secouristes, ni les agents municipaux. Accompagné de son ingénieur du son, Julien Brossier, le réalisateur et critique de cinéma pénètre ce monde parallèle et invisible. Et il y fait des rencontres. Il y a Brandi, 50 ans. Originaire de l’Utah, cette ancienne artiste de cirque habite dans le même tunnel depuis douze ans. Elle y vit avec son nouveau compagnon, Preston, avec qui elle se dispute régulièrement. Il y a aussi Mary et Rudy, un couple qui se démène pour conserver un semblant de normalité malgré la pénombre et la précarité. À mesure que les visages se dévoilent, le tableau prend forme : les « neon people » s’organisent en petites communautés, obéissent à des règles précises (respecter les voisins, ne pas attirer les policiers, etc.), et veillent les uns sur les autres (on protège plus particulièrement les femmes isolées). Quant aux errances à la surface, elles rappellent autant une réalité (la plus riche et luminescente des villes cache sa misère sociale dans ses entrailles) qu’elles servent le dispositif documentaire (mettre en récit une dichotomie). « C’est un lieu qu’on aime et qu’on déteste. Je le déteste parce que c’est détestable. Je l’aime parce que c’est chez moi », confie Brandi. Plutôt que de dresser un portrait au vitriol d’un pays prêt à tout sacrifier au profit de son dynamisme économique, Thoret en propose une vue d’ensemble : tirant profit d’une longue pratique de l’errance, il collecte les récits intimes et les assortit de considérations socio-politiques. Allant et venant entre le monde d’en bas et celui d’en haut, son voyage tient davantage de l’odyssée personnelle que de l’essai. Quant à sa démarche, elle est limpide : il ne cherche ni à stigmatiser, ni à banaliser, ni à sensibiliser, mais simplement à montrer. Filmer des citoyens pour les faire exister en tant que tels - et non les exhiber. Ni plus, ni moins. En cela, le choix du Scope permet d’évacuer tout écueil misérabiliste : il amène ce qu’il faut de distance et d’imperfection. Mieux encore, Thoret a la bonne idée de ne jamais transformer le « sans-abrisme » en un objet esthétique. Plutôt que de mettre en scène celles et ceux qu’il filme, et commettre ainsi une faute éthique, il s’attarde sur les décors souterrains quasi apocalyptiques. Et, de-ci, de-là, produit des visions qui évoquent également le cinéma de genre des années 1980, de John Carpenter à George A. Romero. Comme eux, il se sert de la cinégénie des territoires et des décors pour dénoncer les mécanismes de la société de consommation. Dommage que le geste se révèle répétitif, et un peu long...
(2017) que Jean-Baptiste Thoret a l’idée de réaliser The Neon People. Tout part d’une découverte : sous le Strip, avenue emblématique de Las Vegas, un immense réseau de souterrains a, sur plus de 800 kilomètres, pour fonction d’évacuer notamment les eaux pluviales torrentielles de la vallée. Or, ce labyrinthe tentaculaire est devenu le refuge d’une Amérique non répertoriée : plus de 2 000 sans-abris y auraient élu domicile. Hormis ces derniers, personne n’ose fouler le sol bétonné des tunnels, trop sombres, trop dédaléens, trop dangereux. Ni les policiers, ni les secouristes, ni les agents municipaux. Accompagné de son ingénieur du son, Julien Brossier, le réalisateur et critique de cinéma pénètre ce monde parallèle et invisible. Et il y fait des rencontres. Il y a Brandi, 50 ans. Originaire de l’Utah, cette ancienne artiste de cirque habite dans le même tunnel depuis douze ans. Elle y vit avec son nouveau compagnon, Preston, avec qui elle se dispute régulièrement. Il y a aussi Mary et Rudy, un couple qui se démène pour conserver un semblant de normalité malgré la pénombre et la précarité. À mesure que les visages se dévoilent, le tableau prend forme : les « neon people » s’organisent en petites communautés, obéissent à des règles précises (respecter les voisins, ne pas attirer les policiers, etc.), et veillent les uns sur les autres (on protège plus particulièrement les femmes isolées). Quant aux errances à la surface, elles rappellent autant une réalité (la plus riche et luminescente des villes cache sa misère sociale dans ses entrailles) qu’elles servent le dispositif documentaire (mettre en récit une dichotomie). « C’est un lieu qu’on aime et qu’on déteste. Je le déteste parce que c’est détestable. Je l’aime parce que c’est chez moi », confie Brandi. Plutôt que de dresser un portrait au vitriol d’un pays prêt à tout sacrifier au profit de son dynamisme économique, Thoret en propose une vue d’ensemble : tirant profit d’une longue pratique de l’errance, il collecte les récits intimes et les assortit de considérations socio-politiques. Allant et venant entre le monde d’en bas et celui d’en haut, son voyage tient davantage de l’odyssée personnelle que de l’essai. Quant à sa démarche, elle est limpide : il ne cherche ni à stigmatiser, ni à banaliser, ni à sensibiliser, mais simplement à montrer. Filmer des citoyens pour les faire exister en tant que tels - et non les exhiber. Ni plus, ni moins. En cela, le choix du Scope permet d’évacuer tout écueil misérabiliste : il amène ce qu’il faut de distance et d’imperfection. Mieux encore, Thoret a la bonne idée de ne jamais transformer le « sans-abrisme » en un objet esthétique. Plutôt que de mettre en scène celles et ceux qu’il filme, et commettre ainsi une faute éthique, il s’attarde sur les décors souterrains quasi apocalyptiques. Et, de-ci, de-là, produit des visions qui évoquent également le cinéma de genre des années 1980, de John Carpenter à George A. Romero. Comme eux, il se sert de la cinégénie des territoires et des décors pour dénoncer les mécanismes de la société de consommation. Dommage que le geste se révèle répétitif, et un peu long...
Genre : Documentaire
Générique
Informations techniques
Métrage : Long
Durée d'origine : 125
Couleur/NB : Couleur
Sonore/muet : Sonore
Consultation
État dans les collections : Déposé