2000 Meters To Adriivka

Film

À 2000 mètres d’Andriivka

Mstyslav Chernov

Année de production :  2025

Pays de production : Etats-Unis

Identité

Type d'oeuvre : Cinéma

Année de sortie dans le pays d'origine : 2025

Description

Résumé

Reclus dans une tranchée, des soldats ukrainiens essuient des bombardements ennemis. « Serrez les fesses », leur dit-on à la radio… Un drone russe les survole ; non loin de là, une explosion se produit. Ils sortent et constatent que l’obus a tué plusieurs des leurs. Le blindé qui vient pour les évacuer échoue à démarrer sous le feu adverse ; sitôt quitté le véhicule, l’un d’eux est grièvement blessé, et le filmeur, Piro, a la jambe brisée. « Ne pense même pas à te faire sauter », lui intime un camarade promettant de revenir le chercher… Ainsi s’ouvre, in medias res
, le film de Mstyslav Chernov (Oscar du meilleur documentaire en 2024 pour 20 jours à Marioupol
), qui « invite » donc - malvenu vocabulaire de la cordialité - à une immersion au sein d’une brigade ukrainienne chargée, en 2023, de reprendre le village d’Andriivka, voie d’approvisionnement occupée par les Russes. Étrange film que voici, qui, toute considération « spectaculaire » mise à part - il y a là parmi les images de guerre les plus stupéfiantes produites de mémoire récente - questionne moins la nécessité de témoigner des événements que les moyens pour cela mobilisés. D’un côté, À 2000 mètres d’Andriivka relève évidemment du documentaire (impossible de scénariser quoi que ce soit : les plans établis par le commandement et les attentes éventuelles du cinéaste sont évidemment déjoués par l’imprévisibilité des frappes ennemies), mais son « argument », la traversée, scindée en chapitres décomptant les distances restant à parcourir (« 2000 mètres », « 1000 mètres », « 600 mètres »...), d’un très étroit bandeau de forêt entre deux champs minés - et qui, vu du ciel, a tout du signe graphique, ligne droite indiquant, comme le ferait une flèche, une position à prendre - pour aller planter un drapeau dans un village, ne déparerait pas dans une fiction de guerre. De même, le dispositif, consistant pour l’essentiel en un montage d’images saisies par les caméras frontales que portent, soit l’équipe du film, soit les militaires eux-mêmes, contraint a priori la mise en scène, plaidant pour un enregistrement du réel le moins « fabriqué » possible. De l’autre, il n’en renvoie pas moins ainsi à l’esthétique des jeux vidéo en FPS (« first person shooter »), que renforce la quasi omniprésence d’une musique répétitive, très modérément mélodique et au volume jamais trop fort - juste ce qu’il faut pour instaurer une ambiance immersive sans déconcentrer le « joueur ». Enfin, et comme souvent, le recours aux drones interroge. Car, instruments de mort - soit qu’ils convoient des bombes, soit qu’ils soient utilisés comme telles -, ils sont aussi, ici, des outils de filmage, les deux fonctions se confondant dans un plan pour le moins perturbant dans lequel un appareil semble, littéralement, déféquer un obus sur une position russe… Lourde tâche décidément qui incombe au cinéaste voulant documenter et médiatiser l’horreur (et que, progressivement, gagne l’amertume : regagné au prix de pertes humaines considérables, le village n’est plus que ruine et, quelque temps plus tard, retombera aux mains de l’ennemi) sans pour autant sacrifier l’éthique à l’efficacité. 

Genre : Documentaire

Générique

Production - Distribution :

Informations techniques

Métrage : Long

Durée d'origine : 107

Sonore/muet : Sonore

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