Vera Chytilová
Personnalité
Réalisateur, scénariste : années 1950-2000
Nationalité : République tchèque
Naissance : 02/02/1929 - Tchécoslovaquie - Ostrava
Décès : 12/03/2014 - République tchèque - Prague, Bohême-Centrale
Identité
Genre : femme
Fonctions : Réalisateur, Assistant réalisateur, Acteur, Scénariste, Auteur de l'œuvre originale, Dialoguiste, Adaptateur, Auteur du commentaire, Auteur de l'histoire, Monteur
Biographie
Formation :
Ses études de philosophie et d'architecture abandonnées, Vera Chytilova exerce divers métiers (dessinatrice, photographe, mannequin). Après un stage aux studios de cinéma de Barrandov, elle se destine à la réalisation et suit pendant cinq ans des cours à l'Ecole des hautes études cinématographiques de Prague (FAMU). Elle signe alors plusieurs courts métrages, dont Le Plafond (1962), film de fin d'études récompensé par le prix de l'Union internationale des ciné-clubs au festival d'Oberhausen.Carrière :
Figure majeure et provocatrice de la Nouvelle Vague tchécoslovaque, Věra Chytilová s’est imposée comme l’une des voix les plus singulières et subversives du cinéma européen, célébrée pour son regard féministe, son humour noir et sa résistance intransigeante aux pouvoirs établis.
Considérée comme l'une des réalisatrices de la Nouvelle Vague tchécoslovaque, Vera Chytilova s'attarde, dès ses premiers films, sur les problèmes de l'émancipation des femmes. Après avoir mis en scène plusieurs ouvrières d'une usine de textile dans le court métrage Un sac de puces (1962), la cinéaste tourne son premier long métrage, Quelque chose d'autre (1963), parallèle entre la vie d'une athlète et celle d'une ménagère. Réalisatrice d'un sketch du film-manifeste de la Nouvelle Vague tchécoslovaque Les Petites perles au fond de l'eau (1965), elle signe ensuite Les Petites marguerites (1966), portrait de deux jeunes filles irresponsables et sauvages. Récompensé dans plusieurs festivals étrangers, le film est en revanche très critiqué par le gouvernement de l'époque, qui décide de lui retirer toute aide financière. Grâce à une société de production belge, Vera Chytilova réussit toutefois à réaliser Le Fruit du paradis (1969), mais elle se voit aussitôt mise à l'écart par le pouvoir. Eloignée des plateaux de cinéma durant sept ans, Vera Chytilova revient en 1976 avec Le Jeu de la pomme, une comédie mettant aux prises une infirmière et un médecin. Toujours soumise à la censure, elle tourne ensuite deux satires, Panelstory et La Calamité (1980), puis Prélude à l'après-midi tardif d'un fauve (1983). Alternant fictions et documentaires, la réalisatrice signe, en 1998, Pasti, pasti, pasticky, comédie acerbe sur une vétérinaire à la recherche des hommes qui l'ont violée. Věra Chytilová poursuit son cinéma de provocation et de satire sociale avec Vyhnání z ráje (inédit en France, 2001), fable ironique sur les illusions perdues de la post-communisme. Elle enchaîne avec Pátrání po Ester (2005), documentaire introspectif mêlant enquête et autofiction. Son dernier long métrage, Hezké chvilky bez záruky (2006), comédie grinçante sur les relations humaines dans une Tchéquie contemporaine désenchantée, clôt une carrière de près de cinquante ans, marquée par l'indépendance d'esprit et la résistance aux conformismes.