Raffaello Matarazzo

Personnalité

Réalisateur, scénariste, producteur : années 1930-1960

Nationalité :  Italie

Naissance :  17/08/1909 - Italie - Rome, Latium

Décès :  17/05/1966 - Italie - Rome, Latium

Identité

Genre : homme

Fonctions : Réalisateur, Assistant réalisateur, Superviseur de la réalisation, Collaborateur à la réalisation, Acteur, Adaptateur, Scénariste, Auteur de l'œuvre originale, Producteur, Monteur, Auteur primaire

Biographie

Formation :

Orphelin de père très tôt, il est obligé dès l'adolescence d'accepter divers emplois pour financer ses études, notamment comme télégraphiste. Pourtant, passionné de culture et de cinéma, il parvient dès 1927 (il a à peine 18 ans) à faire publier des articles dans diverses revues telles Lo Spettacolo d'Italia , avant de devenir le responsable des pages culturelles d'Il Tevere . A partir de 1931, il entre de plain-pied dans le monde du cinéma en étant employé comme superviseur de scénarios à la Cines, l'un des grands studios romains. Il participera ainsi, tout au long de sa carrière, à près de 400 sujets et scénarios. Assistant réalisateur (notamment de Mario Camerini), il passe à la même époque à la mise en scène, d'abord de courts métrages et de documentaires dont Littoria (1932) et Mussolinia di Sardegna (1933).

Carrière :

Largement méconnu, au mieux considéré comme un petit maître d'un cinéma italien en pleine renaissance après guerre grâce au néo-réalisme, Raffaello Matarazzo est pourtant l'auteur de quelques somptueux mélodrames dont le succès fut spectaculaire dans l'Italie post-fasciste. Rien pourtant dans le début de carrière de Matarazzo ne laissait présager qu'elle prendrait cette direction. Son premier long métrage de fiction, Treno popolare (1933), a en effet été parfois présenté comme une anticipation de certains thèmes et approches néo-réalistes, en raison notamment de son attention aux gens du peuple et de son tournage en décors naturels, sur le trajet de ce voyage en train entre Rome et Orvieto durant lequel se croisent divers récits liés aux différents passagers. L'échec public de ce film pour lequel Matarazzo avait convaincu Nino Rota de composer sa première bande originale l'incite, au cours de la décennie suivante, à ne guère prendre de risques. Il signe ainsi quelques policiers de facture classique (L'albergo degli assenti , 1939) et surtout toute une série de comédies relevant du genre léger et insouciant, alors à la mode, dit des "Téléphones blancs", dont L'avventura del piano di sopra (1941) avec Vittorio De Sica et Clara Calamai. Il s'essaie aussi au genre qui fera sa gloire, le mélo, avec Sono stato io ! (1937), dont les interprètes sont les divers membres de la famille De Filippo (Eduardo, Peppino et Titina) ainsi que la jeune Alida Valli. Alors que la guerre fait rage, il quitte l'Italie pour ne pas avoir à faire du cinéma de propagande fasciste, et s'installe en Espagne où il tourne deux films, dont Dora la espia (1943), une des rares apparitions dans le cinéma parlant de la diva du muet italien Francesca Bertini, absente des écrans depuis 1935 et qui n'y reviendra qu'en 1957. Son retour en Italie ne va pas de soi et il retrouve difficilement une place dans une production bousculée par la vague néo-réaliste. Pourtant, après quelques tâtonnements sans éclat, il s'impose en un seul film, Le Mensonge d'une mère (1949), comme le maître incontesté du box-office transalpin, renouvelant avec élégance et brio le cinéma sentimental. Il ne va plus dévier de cette voie, enchaînant en cinq ans les mélos flamboyants avec le couple vedette du Mensonge d'une mère , Amedeo Nazzari et Yvonne Sanson (Tormento , 1950 ; I figli di nessuno , 1951 ; Chi e senza peccato , 1952 ; Larmes d'amour , 1953 ; La Femme aux deux visages , 1954), et quelques autres stars telles Pampanini et Marcello Mastroianni (L'Esclave du péché , 1954). Tout en respectant scrupuleusement la grammaire d'un genre très codifié, il le hisse à des niveaux émotionnels et esthétiques rarement atteints. "Ses films témoignent d'un sens profond du désespoir, de la passion amoureuse, du destin " peut ainsi écrire Jean A. Gili, grand spécialiste du cinéma italien qui est, avec Jacques Lourcelles, l'un des critiques qui ont le plus oeuvré à le réhabiliter. En dépit de ces succès répétés, Matarazzo tente de ne pas se laisser enfermer dans ce seul registre. Il réalise ainsi une intéressante biographie de Giuseppe Verdi (Verdi , 1953), un étonnant film d'aventures maritimes (Le Navire des filles perdues , 1954), et un film avec Elsa Martinelli dans la lignée des drames néo-réalistes de Giuseppe DeSantis (La Fille de la rizière , 1955). Mais le vent tourne, et le mélo n'est plus vraiment à la mode. L'échec en 1958 patent de Malinconico autunno , dernière réunion du couple Nazzari-Sanson, sonne le glas de la carrière de Matarazzo. Les producteurs ne lui font plus confiance et il ne tourne plus qu'épisodiquement des films qui sortent dans l'indifférence générale. Deux ans avant sa mort, il doit même autofinancer presque intégralement son dernier opus, Amore mio (1964), récit crépusculaire de l'amour d'un homme mûr pour une adolescente.

Autres activités :

Scénariste de la plupart de ses films, Raffaello Matarazzo est également l'auteur de plusieurs pièces de théâtre écrites tout au long de sa carrière comme Simmetria (1936), Una donna fra le braccia (1944) ou Una famiglia immorale (1960).

Filmographie

Courts métrages

Réalisation

Longs métrages

Assistant réalisateur

Adaptateur

Acteur

Monteur

Collaborateur à la réalisation

Superviseur de la réalisation

Producteur

Auteur de l'œuvre originale

Bibliographie éditoriale

  • Ouvrage : Raffaello Matarazzo, Materiali : momenti del cinema italiano contemporaneo ; sezione retrospettiva, Savona 16-22 gennaio 1976. Volume primo / A cura di Adriano Aprà, Carlo Freccero, Aldo Grasso, ...[e
  • Périodique : ''37 millions de spectateurs ont vu mes films'' / Matarazzo, R.; Positif 183-184 (juillet 1976)
  • Périodique : Entretien avec Raffaello Matarazzo / Eisenschitz, Bernard; Positif 183-184 (juillet 1976)
  • Périodique : Il melodramma di Matarazzo: meccanismi di funzionamento / Mora, T.; Filmcritica XXXII:312 (février 1981)
  • Périodique : La strada del cinema popolare può passare solo attraverso i movimenti di base / Escobar, Roberto; Cineforum XVI:152 (mars 1976)
  • Périodique : Le Témoignage de Matarazzo / Pio Baldelli in : Les cahiers de la cinémathèque n° 4, Automne 1971
  • Périodique : Matarazzo et le mélodrame / Adriano Apià in : Les cahiers de la cinémathèque n° 28, mai 1979
  • Périodique : Raffaello Matarazzo / Patrick Brion in : Cahiers du cinéma n° 180, juillet 1966
  • Périodique : Reopening the Matarazzo case / Calder, Evan; Film Quarterly LXV:3 (printemps 2012)

Collections liées