Carrière :
Robert Wiene fait ses débuts comme scénariste et réqalisateur en 1912 avec Die Waffen der Jugend
. Durant plusieurs années il alterne entre scénarios (Arme Maria
, 1915 ; Gelöste Ketten
, 1916 ; Frank Hansens Glück
, 1917 ; Gefangene Seele
, 1917 ; Auf Probe gestellt
, 1918) et réalisations (Er rechts, sie links
, 1914 ; Die Konservenbraut
, 1915 ; Das Leben ein Traum
, 1916 ; Veilchen Nr. 4
, 1917 ; Die Welteroberer
, 1919). Il devient célèbre en 1919, en signant Le Cabinet du docteur Caligari
. Le scénario de Carl Mayer, les distorsions des décors de Reimann et Röhrig, l'interprétation forcée de Werner Krauss et de Conrad Veidt, tout concourt à faire de ce film d'horreur le manifeste de l'expressionnisme allemand. La suite de la carrière de Robert Wiene est si terne, en comparaison, qu'on a mis en doute son apport à la réussite de ce film. Tout au plus aurait-il agi comme coordinateur de talents multiples et exceptionnels. Des oeuvres comme Genuine
(1920), I.N.R.I.
(1923), une épopée biblique, ou Les Mains d'Orlac
(1924), un thriller psychologique, peinant à recréer un climat fantastique, contribuent à discréditer le cinéaste. Seules quelques séquences de Raskolnikov
(1922), tourné avec des membres de l'ensemble du Théâtre d'art de Moscou, trouvent grâce aux yeux des historiens du cinéma, en raison notamment des décors d'Andrei Andreiev et d'intéressantes scènes oniriques qui restituent l'univers de Dostoïevski. Plus tard, Robert Wiene est contraint de fuir l'Allemagne nazie et trouve refuge en Hongrie où il tourne Une nuit à Venise
(1934), après une escale à Londres il se rend en France. Il meurt durant le tournage d'Ultimatum
(1938), un film d'espionnage, qu'achève un autre réalisateur exilé Robert Siodmak.