Gérard Courant
Personnalité
Réalisateur, producteur, scénariste, monteur... : 1960-2020
Nationalité : France
Naissance : 04/12/1951 - France - Lyon, Rhône
Identité
Genre : homme
Fonctions : Réalisateur, Acteur, Scénariste, Producteur délégué, Directeur de la photographie/Chef opérateur, Monteur, Producteur, Auteur, Collaborateur
Biographie
Formation :
Passionné de cinéma, Gérard Courant est l'animateur du ciné-club de l'université où il fait ses études de droit. Arrivé à Paris en 1976, il crée la revue Cinéma différent , participe au Collectif Jeune Cinéma et fonde (avec, entre autres, Chantal Akerman) la Coopérative des Cinéastes vouée à la diffusion de films indépendants.Carrière :
Gérard Courant, pionnier du cinéma sériel et expérimental, a révolutionné le portrait filmé avec Cinématon (1978-2025), galerie de 3 195 plans fixes muets devenu le film le plus long de l’histoire. Inventeur d’un cinéma-poème hybride mêlant archives (Carnets filmés), autofictions (L’Homme des roubines) et collages anarchiques (Les Compressions), il cultive depuis cinq décennies une œuvre-monde comparée aux frères Lumière pour son purisme documentaire.
Cinéaste indépendant et expérimental, Gérard Courant entame à partir de 1978 son œuvre majeure, Le cinématon, après avoir réalisé plusieurs courts-métrages en 16 mm, dont Marilyn, Guy Lux et les nonnes (1976) ou MMMMM. (1977). Avec Rasage (1978), le réalisateur tourne son premier film en super-huit : il utilise une double vue, celle de gauche où une barbe est en train d'être rasée et celle de droite où elle se reconstitue. Gérard Courant entame cette même année, toujours en super-huit et en plans fixes de 3,25 mn, une série de portraits muets d'amis et de personnalités du cinéma, les Cinématon. Qualifiée de "plus long film de l'histoire", cette galerie atteint dix ans plus tard le millier de portraits, prolongée par de nouvelles mises en scène (Les couples, Les groupes et Lire). Toujours très proche de la photographie dans ses réalisations, le cinéaste pousse l'exercice jusqu'à tourner un film uniquement à partir de clichés (Un sanglant symbole, 1979, réalisé à partir de cent soixante photographies) ou encore jusqu'à jouer image par image (La neige tremblait sur les arbres, 1981). À partir des années 1980, Courant développe ses Carnets filmés, journal cinématographique hybride mêlant essais, repérages et archives, comptant 504 épisodes (584 heures) en 2025. Il élargit le concept des Cinématon avec des séries dérivées comme Portrait de groupe ou De ma chambre d’hôtel, tout en poursuivant sa collection de portraits individuels, qui atteint 3 195 entrées (213 heures) en 2024. Son approche sérielle, qualifiée de « mine pour l’historien » par Jean Tulard, intègre des expérimentations formelles, collage anarchique de pellicule grattée et de métrage recyclé. Dans les années 1990-2000, il affine son cinéma de l’intime en alternant autofictions (L’Homme des roubines, 2001) et explorations conceptuelles. Son travail, comparé aux frères Lumière pour son « purisme documentaire », génère des rétrospectives internationales (New York, Téhéran, Dubaï).