Carrière :
Hiroshi Shimizu a tourné plus de 160 films entre 1924 et 1959 (12 pour la seule année 1925), dont il ne reste plus que 51, dont plus des deux tiers ont été perdus. Longtemps inconnu dans son pays, il fut redécouvert dans les années 1990, essentiellement pour ses films tournés après la Seconde Guerre mondiale.
Contemporain de Mikio Naruse, Yasujiro Ozu, Kenji Mizoguchi, il s'en distingue par son goût des tournages en extérieur, ainsi que des acteurs non professionnels. Parmi ses oeuvres les plus célèbres, l'adaptation d'une nouvelle de Yasunari Kawabata, Arigatô-san
[Monsieur Merci] (1936), ouvre la voie d'un renouveau moderniste dans lequel s'inscriront ses successeurs. Un scénario simple (le trajet d'un conducteur de bus et ses interactions avec les passagers), un regard précis sur la beauté des villes et de la nature sauvage, un propos discrètement social sont les spécificités qui le classent parmi les grands maîtres du cinéma réaliste japonais. " Ozu et moi sommes des travailleurs appliqués et laborieux. Shimizu, lui, a du génie.
", déclare Mizoguchi. Perpétuel pionnier, il fait les premières expérimentations de tournage en prise de son synchrone. Son premier film parlant, en 1933, Nakinureta haru no onna yo
[Voici les femmes du printemps qui pleure], filmé dans les somptueux paysages de neige d'Hokkaido, inclut des chansons à la bande son. En 1937, Kaze no naka no komodo
[Les Enfants dans le vent] est présenté à la Mostra de Venise. C'est le seul film de Shimizu qui sera diffusé en France, en 1944. Il relance la carrière d'Ozu, un temps boudé par le public, en écrivant pour lui les histoires originales de J'ai été diplômé, mais...
(1929), et Va d'un pas léger
(1930). Il co-écrit le scénario du Chant de la victoire
, film de propagande réalisé avec Mizoguchi, Tasaka et Makino (1945). Après 1945, il s'efface devant les réalisateurs devenus emblématiques de la Shochiku (Ozu, etc.), et se consacre à mettre en scène la grande dépression qui affecte les plus vulnérables après la guerre. Hachi no su no kodomotachi
[Les Enfants de la ruche] (1948), le premier film qu'il réalise après la guerre, ouvre une série féconde de films dédiés aux orphelins, aux mères et aux réfugiés : Bojo
[L'Amour d'une mère], 1950, ou Daibutsu sama to kodomotachi
[Les Enfants du Grand Bouddha] en 1952.