Carrière :
Producteur allemand dès 1933, Alfred Greven produit une quarantaine de films avant de diriger en France la société de production Continental Films à partir de 1941.
Camarade d’Hermann Göring et protégé Joseph Goebbels, la carrière cinématographique d’Alfred Greven est étroitement liée au régime nazi. Directeur de production dès 1933, Alfred Greven produit pour la société Ariel-Film les comédies familiales Les jeunes filles de la Forêt Noire (Georg Zoch), Ein Unsichtbarer geht durch die Stadt (Harry Piel) ainsi que le policier Die Welt ohne Maske (id.). L’année suivante, il œuvre pour trois sociétés différentes. Pour Itala-Film, il produit pour Gustav Fröhlich Abenteuer eines jungen Herrn in Polen, drame sentimental et patriotique sur fond de Première Guerre mondiale ; pour Majestic : Gern hab' ich die Frau'n geküsst, biographie du compositeur et musicien Niccolo Paganini réalisée par E.W. Emo ; Les Deux rois de Hans Steinhoff avec Emil Jannings dans le rôle du roi de Prusse Frédéric-Guillaume Ier, sera la première production de la firme Deka. Considéré comme un film de propagande au service des idéaux du NSDAP, ce drame historique oppose violement le public viennois. En 1935, il est engagé par une UFA récemment restructurée par Goebbels (1933). Francophile, il dirige de nombreuses co-productions franco-allemandes comme Le Domino vert (Der grüne Domino) de Herbert Selpin et Henri Decoin avec Danielle Darrieux et Charles Vanel ; la comédie-musicale Les Deux favoris (Heißes Blut) de André Hornez et Georg Jacoby, avec la vedette Marika Rökk pour la version allemande. L’année suivante, il produit Puits en flammes (Stadt Anatol) de Viktor Tourjansky, Karl Hartl La Chevauchée de la liberté ainsi que On a arrêté Sherlock Holmes (1937) avec Hans Alberts dans le rôle du célèbre détective. Producteur pour la Terra-Filmkunst à la fin de l’année 1937, il produit de nombreux courts et longs métrages de fictions dont trois films de propagande national-socialiste : Kameraden auf See (Heinz Paul) qui célèbre la camaraderie entre soldats et la lutte contre les communistes ; Ziel in den Wolken (Wolfgang Liebeneiner, 1938) sur les pionniers l'aviation militaire allemande ; Im Namen des Volkes (Erich Engels, id.), justification de la peine de mort.
En 1941, Joseph Goebbels - Ministre de la Propagande du Reich - nomme Alfred Greven directeur de la firme Continental Films à Paris. Placée sous le contrôle de la Propaganda Abteilungreferat Film in Frankreich du Dr Dietrich, la firme produit essentiellement des comédies sentimentales calquées sur le modèle hollywoodien ainsi que des policiers, diffusés pour la plupart dans des salles confisquées à leurs propriétaires juifs. Le premier des trente films tournés sous l’Occupation allemande est aussi l’un de ses meilleurs : Premier Rendez-vous (1941) d’Henri Decoin. A sa suite, de nombreux metteurs en scène connaitront succès publics et critiques. Parmi eux : Georges Lacombe avec Le Dernier des six (id.), Christian-Jaque pour L’Assassinat du Père Noël (id.) et La Symphonie fantastique (id.), Maurice Tourneur avec Péchés de jeunesse (id.) et La Main du diable (1942), Henri-Georges Clouzot avec L’Assassin habite au 21 (1942) et Le Corbeau (1943) ou encore André Cayatte avec Au bonheur des dames (id.).
Interdit d’exercice après la défaite du Reich, Alfred Greven relance son activité cinématographique en RFA à partir de 1955. Avec sa propre société basée à Düsseldorf puis à Cologne (Alfred Greven Film GmbH), il produit la comédie musicale Bonjour, Kathrin (Carl Anton, 1955) avec Caterina Valente et les Nicholas Brothers, le drame sentimental Du darfst nicht länger schweigen (Robert A. Stemmle, id.) ainsi que la comédie Die Freundin meines Mannes (Axel von Ambesser, 1957). Il signe la réalisation de deux documentaires sur les forces de l’OTAN : Alarm im Mittelmeer (1959) et Nato-Manöver (1963).