Jacques Denis
Personnalité
Interprète : années 1960-2000
Nationalité : France
Naissance : 12/05/1943 - Maroc - Fès, Protectorat français du Maroc
Décès : 03/12/2015 - France - Saint-Quentin, Aisne
Identité
Genre : homme
État civil :
- Jacques Robert Denis
Fonctions : Acteur
Biographie
Formation :
Dessinateur publicitaire, Jacques Denis décide de s'inscrire au cours de Tania Balachova puis part apprendre son nouveau métier en Suisse. En 1967, il rejoint le Théâtre populaire romand qu'il quitte l'année suivante pour le théâtre de l'Atelier de Genève, dont il devient l'un des comédiens fétiches. Le réalisateur suisse Paul Siegrist lui fait enregistrer Luigi Pirandello et Georges Feydeau pour la télévision romande.Carrière :
Jacques Denis fut un comédien engagé et intransigeant, associé au cinéma d’auteur franco-suisse et aux personnages d’intellectuels, d’anticonformistes ou de révoltés. Choisissant ses rôles en fonction de ses convictions, il a notamment travaillé avec Alain Tanner, Bertrand Tavernier, Claire Denis et Raoul Ruiz.
Venu au cinéma par le biais du théâtre, Jacques Denis doit à de jeunes réalisateurs suisses ses premiers rôles au grand écran. Michel Soutter l'engage dans James ou pas (1969) et dans les Arpenteurs (1971) ; Alain Tanner dans la Salamandre (1971) et dans le Milieu du monde (1974) ; Claude Goretta dans Pas si méchant que ça (1974). Cet artiste est pris dans tous ces films comme le symbole du mal de vivre suisse. Se partageant depuis 1973 entre la France et la Confédération helvétique, il aime jouer les anticonformistes. Il incarne un militant anticommuniste au côté de Philippe Noiret dans l'Horloger de Saint-Paul (1975) de Bertrand Tavernier ; un professeur bohème dans Jonas qui aura 25 ans en l'an 2000 (1975) d'Alain Tanner ; un intellectuel torturé dans la Question (1976) de Laurent Heynemann, tiré d'un ouvrage d'Henry Alleg, qui dénonce le recours à la torture durant la guerre d'Algérie. En campant le personnage du " petit-blanc " au fin fond de l'Afrique dans Chocolat (1987) de Claire Denis, satire acerbe du néo-colonialisme, Jacques Denis sert ainsi les grandes causes pour lesquelles il aime s'enflammer. Choisissant soigneusement ses scénarios, ce comédien scrupuleux et intransigeant obéit au principe qui veut, selon ses propos, qu'" on joue ce que l'on pense, qu'on pense ce que l'on joue ". C'est sans doute pour cela qu'il refuse de tourner dans Lacombe Lucien (1974) de Louis Malle : il ne peut pas accepter l'idée qu'être dans la Milice ou dans la Résistance dans les années 1940 n'était qu'une question de hasard. Il tourne sous la direction de Costa-Gravas la Petite Apocalypse (1992), retrouve son réalisateur favori, Alain Tanner, en 1995 pour Fourbi, et fait une dernière apparition dans Ce jour-là (2002) de Raoul Ruiz.