Orane Demazis
Interprète : années 1930-1980
Nationalité : France
Naissance : 04/09/1894 - Algérie - Oran, Algérie française
Décès : 25/12/1991 - France - Boulogne-Billancourt, Hauts-de-Seine, Île-de-France
Personnalité
Identité
Genre : femme
État civil :
- Henriette Marie Louise Burgart
Fonctions : Acteur
Biographie
Formation :
Après des études secondaires à Alger puis à Paris, Orane Demazis suit les cours du Conservatoire d'art dramatique de Paris. Elle fréquente un temps la troupe de l'Odéon puis débute au théâtre chez Dullin. Elle joue notamment Huon de Bordeaux , Chacun sa vérité , Jazz , La prisonnière et Le secret . La carrière de cette comédienne se trouve bouleversée par sa rencontre avec Marcel Pagnol. Touché par cette jeune femme au comportement frileux, tiré vers le pathétique, l'écrivain crée pour elle le personnage de Fanny dans sa pièce Marius .Carrière :
Orane Demazis reste indissociable de Fanny, l’héroïne pudique et bouleversante de la trilogie marseillaise de Marcel Pagnol. Cette interprétation emblématique, qui a consacré sa finesse dramatique, a aussi longtemps éclipsé le reste d’une carrière marquée par des rôles de femmes vulnérables et passionnées.
Quand Marius est porté à l'écran par Alexandre Korda en 1931, c'est naturellement Orane Demazis qui interprète Fanny, cette émouvante jeune fille éprise du beau Marseillais qu'attire malheureusement le grand large. Devant le succès du film, Marcel Pagnol écrit une nouvelle pièce, Fanny, que Marc Allégret filme en 1932, remportant le même succès. Pagnol écrit alors César, qu'il réalise lui-même en 1936. A chaque fois Orane Demazis, ne se départit pas de ce rôle - le grand rôle de sa carrière : modeste, sage, d'une pudeur inégalée, elle incarne avec finesse la fragile femme de Marius. Après avoir joué Eponime dans Les misérables (1933) de Raymond Bernard, elle retrouve Pagnol pour Angèle (1934) et Regain (1937), adaptations de romans de Jean Giono. Les traits crispés, la main comprimant la poitrine, vierge déchue et punie, l'actrice souffre la passion d'Angèle. Dans Regain, elle se statufie en Arsule, une pauvre fille servant de bête de somme à un rémouleur (interprété par Fernandel) avant sa rencontre avec un paysan avec lequel elle va faire revivre un village de Provence abandonné. Elle tourne encore sous la direction de Pagnol (Le schpountz, 1938) avant de séparer de lui. La même année, elle joue dans Le moulin dans le soleil de Marc Didier. Dans Feu de paille (1939) de Jean-Benoît Lévy, elle incarne une nouvelle fois une femme sensible et romantique. La suite de sa carrière est en demi-teinte. On lui reproche de jouer avec une emphase qui convient peut-être au théâtre mais pas au cinéma, de ne pas être photogénique, et, sans doute, d'être pour l'éternité la " Fanny " de Pagnol. Plus tard, elle reconnaît s'être laissée étouffer par ce personnage : " Je me suis laissée envahir et c'est ma faute... J'étais trop timide. J'aurais dû me remuer davantage. Et puis la guerre a tout interrompu. Après, le cinéma avait beaucoup changé et je ne connaissais plus personne. " Elle ne tourne qu'un seul film pendant l'Occupation, Le mistral (1942) de Jacques Houssin, puis réapparaît dans Bagarres (1946) d'Henri Calef et dans quelques autres films (La caraque blonde, 1952, de Jacqueline Audry ; Le cas du docteur Laurent, 1956, de Jean-Paul Le Chanois ; Police judiciaire, 1957, de Maurice de Canonge). Après une longue traversée du désert, elle revient dans Rude journée pour la reine (1973) de René Allio. En 1980, cette actrice qui n'a pas voulu sacrifier sa vie privée pour sa carrière tourne une dernière fois pour le cinéma dans Bastien, Bastienne de Michel Andrieu.