Carrière :
Paul Colin est un des maîtres des affiches Art Déco, affiches qu'il désignait comme des "télégrammes adressés à l'oeil". Pour le cinéma, sa première affiche - et l'une des plus étonnantes -, Le Voyage imaginaire
(René Clair, 1925), est le symbole même de cette époque créative. La carrière de Paul Colin suit alors celle de René Clair, cinéaste encore méconnu : quelques années plus tard, pour un film devenu mythique, Colin réalise l'affiche 4 panneaux de À nous la liberté
(René Clair, 1931). La maquette de l'affiche est conservée à la Cinémathèque française. L'affiche, elle, existe dans une collection privée. En 1932, pour Les Trois mousquetaires
(Henri Diamant-Berger, 1932), film à gros budget, il compose deux affiches pour des acteurs du film, l'une pour Paul Colline, l'autre pour Blanche Montel. Avec peu de moyens, des aplats de couleurs et des cernes noirs, il crée des affiches pleines d'élégance. Pour Les Misérables
(Raymond Bernard, 1933), film pour lequel il conçoit aussi les costumes, il compose plusieurs affiches, dont sept sont conservées à la Cinémathèque française (trois affiches 2 panneaux, deux affiches 4 panneaux, deux affiches 1 panneau). Après la guerre, il est sollicité pour réaliser la première affiche du Festival de Cannes (Jean-Gabriel Domergue avait conçu celle du Festival de 1939, qui n'eut pas lieu pour "cause de guerre"). Celle de Paul Colin, en 1945, montre un "bonhomme" qui tient sa caméra tournée vers le ciel, filmant les étoiles. Le personnage se découpe sur un fond de bandes colorées, procédé que permet la lithographie. L'affiche existe en version française et en version anglaise. Autre collaboration remarquable pour Paul Colin, celle avec Robert Bresson. On sait que ce maître du 7e art avait confié les affiches de ses derniers films à Savignac. Avant cette période, Paul Colin put réaliser les affiches du Journal d'un curé de campagne
(1950) et d'Un condamné à mort s'est échappé
(1956).