Carrière :
Disciple de René Ferracci, Philippe Lemoine développe son savoir-faire avec ce maître de l'affiche de cinéma, avant de signer lui-même plusieurs centaines d'affiches pour le cinéma français des années 80. Il signe ses affiches de son seul prénom, "Philippe".
Alors qu'il travaille encore pour la revue d'équitation Cravache-magazine
, pour une agence d'édition institutionnelle, puis en indépendant, René Ferracci le repère et le fait travailler à ses côtés à partir de 1975. Il lui apprend les bases du métier. Un mélange de compagnonnage et de rapport père / fils s'établit entre les deux affichistes. Il utilise avec lui les méthodes, techniques et les outils qu'utilise l'affichiste à ce moment-là : le dessin, le découpage, les ciseaux, les collages. À la mort de René Ferracci en 1982, les distributeurs se tournent naturellement vers Philippe Lemoine pour reprendre plusieurs projets. Il alterne les affiches pour des films grands publics comme Garçon
de Claude Sautet avec Yves Montand (1983), Mortelle randonnée
, de Claude Miller avec Isabelle Adjani et Michel Serrault (1982), J'ai épousé une ombre
de Robin Davis (1982), film qui fait de Nathalie Baye une vedette à part entière. À côté de ces affiches, co-existe une série d'affiches pour des films plus modestes. C'est notamment pour ces projets que Philippe Lemoine peut exprimer sa part créative, ainsi pour Arthur Rimbaud, une biographie
de Richard Dindo (1989), Mes amours de 68
de Goran Paskaljevic (1984), ou L'Amoureuse
de Claire Luton (2000). Il signe l'affiche du Festival de Cannes 1991 (et le logo officiel du festival 1992). À la fin des années 90, l'informatique devenant prépondérante dans la conception des affiches, et le dessin cédant de plus en plus de place à la photographie, Philippe Lemoine cesse toute activité dans l'affiche de cinéma.
Philippe Lemoine a été nominé pour le César de l'affiche de cinéma pour Un homme amoureux
(Diane Kurys, 1986) ainsi que pour Le Dernier empereur
(Bernardo Bertolucci, 1987).