René Ferracci

Personnalité

Affichiste : années 1950-1980

Nationalité :  France

Naissance :  27/11/1927 - France - Paris, Seine

Décès :  25/02/1982 - France - Paris, Paris

Identité

Genre : homme

Métier : Affichiste

Fonctions : Affichiste, Créateur, Dessinateur, Photographe

Biographie

Formation :

René Ferracci suit les cours de René Cottet (1902-1992) à l'école Estienne, où il apprend principalement la gravure en taille-douce. Il ne termine pas ses études, et se tourne très vite vers le dessin. Il réalise ses premières affiches pour une agence de théâtre, et crée des flacons de parfum pour Nina Ricci. En 1949, après son service militaire, il devient chef de publicité à la MGM. Là, il est chargé des pavés presse, qui représentent durant ces années-là une partie importante de la publicité pour le cinéma. Armé de ses porte-plume et de son encre de Chine, il dessine d'innombrables "accroches" pour les journaux les plus populaires de l'époque, France Soir ou Paris Presse . Au début des années 1950, il devient le directeur artistique de Filmsonor-Cinédis et, durant le week-end, il continue à travailler et propose des affiches à la Fox, à la Paramount ou aux Artistes Associés.

Carrière :

René Ferracci est l'un des affichistes du cinéma français les plus prolifiques des années 1950 à 1980. Il est sans doute, au total, l'auteur de quelque trois mille affiches. Au début de sa carrière d'affichiste, son style est encore très marqué par ses études de gravure. Il utilise des fonds noirs sur lesquels se détachent des éléments significatifs ou symboliques du film (le camion et l'explosion pour Le Salaire de la peur d'Henri-Georges Clouzot en 1951, la main pour Si tous les gars du monde… de Christian-Jaque en 1955). Dans ces mêmes années, il réalise les affiches du Petit monde de Don Camillo (Julien Duvivier, 1951) et du Retour de Don Camillo (id., 1953. À partir de 1961, il demande parfois à certains de ses collègues de signer des affiches avec lui. Il propose ainsi à Christian Broutin de faire celles du film de Truffaut Jules et Jim (1961), et Yves Thos travaille avec lui pour L'Homme de Rio (Philippe de Broca, 1964. Après la fermeture de Cinédis en 1963, René Ferracci travaille directement avec de nombreux et prestigieux réalisateurs ou producteurs qui font appel à lui, François Truffaut notamment. Pour La Mariée était en noir , en 1968, il se sert du tube de gouache pour redessiner la robe de Jeanne Moreau. Pour Baisers volés en 1968, le réalisateur lui fournit des photos pour donner une direction précise à son travail : "Voici un choix de quatre photos... dans chacune d'elles vous trouverez le principe du visage avec le regard de côté qui suggère l'idée de détective privé que nous avons besoin de retrouver dans le matériel publicitaire... " (Fonds Truffaut/Morgenstern, Cinémathèque française). Pour Le Dernier métro (1980), l'idée était d'opposer une croix gammée aux héros flamboyants de cette comédie douce-amère. Il collabore aussi avec Maurice Pialat (L'Enfance nue , 1969 là encore technique du tube de gouache pour dessiner le titre du film) et Alain Resnais (Providence , 1977). Pour ce film, sa femme, mais aussi secrétaire et probablement inspiratrice, raconte : "On venait de voir le film en projection privée, de retour à la maison, il semblait bien embêté pour savoir comment cerner tous ces éléments, la vie de cet écrivain, toute la nuit il a travaillé, et au matin vers 7 heures, j'ai trouvé cette image de la main-statue qui tient une fleur de pissenlit prête à essaimer et qui inscrit, sur du sable, et à l'envers, le mot "providence", il ne restait plus qu'à faire le lettrage du titre du film.". Ferracci a aussi conçu les affiches des trois derniers films de Luis Buñuel (Le Charme discret de la bourgeoisie en 1972, Le Fantôme de la liberté en 1974, Cet obscur objet du désir en 1977). Les deux premières utilisent l'art du collage, si cher aux surréalistes. La dernière est un quasi-hommage à Man Ray avec sa bouche cousue d'un fil " freudien ", dira-t-on. René Ferracci a eu une si longue carrière que l'on peut dire, comme on le dirait d'un peintre, qu'il a eu plusieurs périodes notables : période du photomontage dans les années 1960, avec des affiches comme celle de Deux ou trois choses que je sais d'elle... (Jean-Luc Godard, 1966) ; période du crayon de couleurs (Souvenirs d'en France , André Téchiné, 1975) ; période aquarelle (Black Moon , Louis Malle, 1975) ; période du pastel gras (Retour à Marseille , René Allio, 1980). Il meurt d'un arrêt cardiaque, alors qu'il venait de terminer l'affiche d'Édith et Marcel (Claude Lelouch, 1982).

Récompenses et nominations

  • 1986 - Prix pour l'ensemble de l'oeuvre - César du Cinéma Français - Obtenu

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