Carrière :
De 1941 à 1950, Jean Colin est l'auteur d'une quarantaine d'affiches pour le cinéma très représentatives du style graphique des années 1940.
Avant même sa sortie de l'École des arts décoratifs en 1932, il signe sa première affiche pour le film d'Edmond T. Greville Plaisirs de Paris
. Il ne dessine sa seconde affiche pour le cinéma que dix ans plus tard. Dans l'intervalle, Jean Colin travaille pour la société de production Films Orange. Il réalise des invitations, des pages publicitaires et des photomontages qui paraissent dans la revue Le Film
, qui remplace La Cinématographie française
lors de son interruption durant la Seconde Guerre mondiale, entre 1940 et 1944. Il commence par un encart publicitaire pour La Vierge folle
de Diamant-Berger, tourné en 1938 et ressorti durant l'été 1941, ainsi qu'un photomontage pour Pension Jonas
de Pierre Caron. La société Vedis lui commande alors ses deux premières affiches pour un film prestigieux, La Duchesse de Langeais
, de Jacques de Baroncelli. Ces réalisations l'amènent à travailler pour des films documentaires dont la société Arts-Sciences-Voyages assure la promotion. En 1943, il obtient le grand prix de l'Académie de l'affiche pour la reprise d'un film de 1936, L'Appel du silence
, consacré à la vie du père de Foucauld. Il n'abandonne pas pour autant le domaine de la fiction, et produit de très belles affiches composées d'un mélange de dessins et de photographies pour des films aussi célèbres que Les Anges du péché
de Robert Bresson en 1943, Le Ciel est à vous
de Jean Grémillon en 1943, ou encore, la même année, Le Voyageur sans bagages
, de Jean Anouilh et Jean Aurenche. Après la guerre, sa carrière dans ce domaine se poursuit avec, entre autres, des affiches pour Sortilèges
de Christian-Jaque (1945), la ressortie de Zéro de conduite
de Jean Vigo en 1945, La Marie du port
(1950) et Les Portes de la nuit
de Marcel Carné (1946). Sa dernière affiche est celle d'Odette, agent S 23
d'Herbert Wilcox (1950), qui est une quintessence de son art graphique.