Delphine Noels
Personnalité
Réalisatrice, scénariste, plasticienne : années 2000-2020
Nationalité : Belgique
Naissance : 01/01/1973 - 31/12/1973(?) - Belgique - Liège, Liège
Décès : 12/04/2026
Identité
Genre : femme
Fonctions : Réalisateur
Biographie
Carrière :
Delphine Noëls (1973–2026) fut une cinéaste belge dont le parcours, aussi discret que profondément marquant, s’inscrit à la croisée de l’exigence artistique et de l’engagement humain. Formée à l’INSAS, elle développe très tôt un regard singulier, attentif aux corps, aux visages et aux fractures intimes. Ses premiers courts métrages, Une clé pour deux (2005) et Ni oui ni non (2007), révèlent une écriture précise, tendue par le non-dit, où la mise en scène privilégie la proximité et l’écoute plutôt que l’effet.
Avec Post Partum (2014), son unique long métrage, Delphine Noëls impose une œuvre courageuse et précurseure dans le paysage du cinéma francophone. Porté par l’interprétation de Mélanie Doutey, le film aborde sans détour la dépression post‑natale, encore peu représentée à l’écran à l’époque, et fait basculer le drame intime vers un territoire trouble, aux frontières du psychologique et du fantastique. Refusant toute complaisance, la réalisatrice y confronte l’idéal normatif de la maternité à l’expérience vécue, explorant l’isolement, la perte de repères et la violence silencieuse des injonctions sociales.
Parallèlement à son travail de création, Delphine Noëls a transmis son savoir en tant qu’enseignante et s’est engagée avec une constante détermination dans la vie citoyenne. Ces dernières années, son action s’est intensifiée autour de causes humanitaires, notamment en faveur des populations de Gaza, à travers la cofondation de l’association The Wings of Healing. Jusqu’à la fin, malgré la maladie, elle a poursuivi ses projets avec une énergie lucide, considérant le cinéma non comme un refuge, mais comme un espace de responsabilité et de solidarité.
Décédée le 12 avril 2026, Delphine Noëls laisse une œuvre rare, rigoureuse et profondément habitée, ainsi qu’une empreinte humaine durable. Son parcours témoigne d’une fidélité sans faille à une certaine idée du cinéma : un art du regard, du doute et de l’attention portée aux existences fragiles.