Fonds - Henri Alekan
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Identification
Institution : La Cinémathèque Française
Année : Entre 1947 - 1957
Dimensions :
- Nombre de boîtes : 70
- mètres linéaires : 6.5
Contexte
Producteur : Henri Alekan
Biographie
Henri Alekan naît à Paris le 10 février 1909 au sein d’une fratrie : André, Raymond et Pierre, avec lequel il mènera quelques projets cinématographiques. C’est avec ce dernier aussi qu’il exerce son premier métier, celui de marionnettiste aux Buttes Chaumont, où il anime le traditionnel théâtre de Guignol. Fasciné très tôt par les arts et la photographie en particulier, il suit des cours du soir à l’Institut d’Optique au CNAM, ce qui lui permet d’accéder à un premier poste d’assistant opérateur sur le film L’Amour à l’américaine de Claude Heymann en 1931. En 1936, il rencontre le grand chef-opérateur Eugen Shüfftan sur le tournage de La Tendre ennemie de Max Ophüls. Il le croisera de nouveau sur Drôle de drame de Marcel Carné l’année suivante. Au contact de ce maître de la profession, il découvre l’amour du métier. Dès lors, des collaborations avec de grands noms se succèdent, Abel Gance, Yves Allégret, René Clément, Jean Cocteau…
Passionné par son métier, Henri Alekan est soucieux de l’enseigner et c’est dès les années d’Occupation, alors réfugié à Nice et travaillant aux studios de la Victorine, qu’il rejoint le Centre Artistique et Technique des Jeunes du Cinéma (le CATJC qui deviendra l’IDHEC à la Libération). Par ailleurs, engagé dès 1936 auprès du Syndicat des Techniciens du Cinéma (rattaché à la CGT), Alekan aide à définir les bases d’une profession aux statuts encore flous.
La prolifique carrière de Henri Alekan en tant que directeur de la photographie débute avec le film collectif La vie est à nous en 1936. Dans les années 1950 et 1960, il enchaîne les productions de grands réalisateurs du moment en France et à l’étranger. Ses collaborations avec Amos Gitaï, dont la trilogie autour de la figure du Golem, et Win Wenders avec Les Ailes du désir (1987) viendront couronner sa longue et prestigieuse carrière. Henri Alekan a également conjugué sa passion pour la sculpture et les Beaux-Arts, en réalisant L’Enfer de Rodin (1959) sur lequel il travaille une dizaine d’années, puis en 1985, un documentaire hommage à Edgar Degas intitulé La Petite danseuse.
La lumière étant l’élément central du travail du directeur de la photographie, Henri Alekan a aussi éclairé de nombreux projets pour le spectacle vivant, théâtre, danse, opéra… Il a également collaboré avec des plasticiens de renom, comme Yann Kersalé pour l’éclairage de la Pointe de la Torche ou participé à des installations mêlant urbanisme et lumière. Enfin, Henri Alekan montre une réflexion et un intérêt constant pour les évolutions et transformations de son métier. Outre ses nombreux cours et conférences, il rédige Des lumières et des Ombres, dont la première édition parue en 1981 devient vite un classique (réédition augmentée en 1991), puis un ouvrage plus autobiographique Le vécu et l’imaginaire, où le chef- opérateur se raconte au travers de ses rencontres et d’anecdotes de tournage.
Structure du fonds
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Fonds - Henri Alekan
Contenu et structure
Portée et contenu :
Au vu de la nature composite du fonds et afin de lui donner plus de lisibilité , ce dernier a été réparti en deux importants sous fonds.
Le premier [ALEKAN A.] couvre exclusivement l’activité professionnelle de Henri Alekan et tout particulièrement sa carrière cinématographique en tant que directeur de la photographie, entre 1941 et 1993. Cette partie traite également de ses activités en tant que régisseur lumière notamment pour le spectacle vivant (opéra, théâtre…) mais aussi ce qui touche à « l’évènementiel » et aux installations artistiques. Il se répartit en sept séries, qui couvrent ses différents domaines d’activités.La carrière cinématographique du chef opérateur, est regroupée par années, celui-ci pouvant mener plusieurs projets de front dans un laps de temps relativement court sur certaines périodes. Y sont rassemblés notamment des documents de repérages, des éléments de préparation pour les tournages et plus particulièrement, des essais annotés de sensitométrie, déterminants dans le choix du matériel de tournage et des pellicules… Une série est dédiée à son rôle de réalisateur, notamment avec l’ Enfer de Rodin (1959), où l’on trouve des documents préparatoires de la genèse du projet datant de la fin des années quarante, de sa réalisation, puis de sa diffusion et où Alekan, maîtrisant toute la chaîne de production, se révèle en véritable homme-orchestre. Les « films non achevés », mais suffisamment avancés dans leur préparation où prend place notamment ce grand projet d’Abel Gance La Divine tragédie, sont distingués des simples et nombreux « projets de films proposés » à H. Alekan. Les « activités autres que cinématographique » regroupent divers projets audiovisuels et mises en lumière de spectacles vivants et comportent également des plans d’implantation et autres documents de préparation. Enfin une série de « documents administratifs » est en lien avec ses différentes activités professionnelles notamment les contrats de travail sur les productions.
Le second sous-fonds {ALEKAN B.], se répartit en 10 séries, rendant compte du chercheur et défricheur que fut Henri Alekan, mais aussi du pédagogue par les nombreux cours et conférences qu’il a pris - car d’une curiosité insatiable - et dispensés. Toujours à l’affût des innovations et évolutions du son métier, il collecte une abondante documentation sur le matériel et la technique, et au-delà, pour ses sources d’inspirations lumière puisées notamment à travers les Beaux-Arts, une riche iconographie. Son fameux ouvrage Des lumières et des ombres dont on a ici toutes les étapes de l’élaboration, en est une parfaite illustration. Investi également dans les champs social et institutionnel, une documentation « corporative » sur l’industrie cinématographique y occupe aussi sa place. Une série rend compte des multiples hommages, rétrospectives célébrant le fameux directeur de la photographie et d’autres personnalités ayant travaillé avec lui. La notoriété de Henri Alekan n’est plus à faire depuis fort longtemps, il se raconte une ultime fois avec Le vécu et l’imaginaire dont on suit, ici aussi, le processus d’écriture depuis ses premières notes. Emaillé d’anecdotes de tournages, de rencontres improbables et traversant notamment les périodes troublées de l’Occupation et de la Libération, ces documents livrent un témoignage sur l’homme à travers son métier. Enfin, une abondante correspondance vient clore le fonds.
Thème : Directeur de la photographie
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Référence : ALEKAN