L'île de Sardaigne est, dans l'immédiat après-guerre, le champ d'expérience de l'épreuve de force menée par la science contre un fléau millénaire : la malaria. La pauvreté y produit des enfants faibles, maladifs, sous-alimentés, victimes de la tuberculose, la dysenterie. Les Sardes s'échinent sur un sol dur et ingrat, que leur ont légué le déboisement, des pluies torrentielles et le vent. Le mauvais air, la malaria, et son vecteur le moustique, naît dans les eaux des lacs, des marais, des marécages. En 1946, le quartier général de l'ERLAAS (Ente regionale lotta anti-anofelica Sardegna) s'installe à Cagliari, la capitale et port principal, sous la direction de John Logan, de la fondation Rockefeller. Approvisionnements, DDT, jeeps et camions sont acheminés sur place ; notaires, instituteurs, étudiants et agriculteurs, après information, mobilisés. L'île est divisée en régions, divisions, sections et districts. Bâtiments, hangars, églises, tours, beffrois, ponts, murs, et jusqu'aux cahutes et ruines, sont vaporisés au DDT et désinfectés. Marécages et constructions hautes sont traités à l'aérosol, les premiers par avion. Les fourrés, arbustes touffus, ronces et rochers rendent la tâche plus ardue en montagne. Chaque intervention est par la suite contrôlée. Les quinze milliards du plan Marshall de 1948 seront ainsi concrétisés par une armée sanitaire de trente-deux mille hommes.
Mots clés :
, , , , , , , , ,
Genre :
Non fiction
Lieu(x) de tournage :
Cagliari
Note générale
CNC : Film réalisé dans le cadre du plan Marshall.