Dominique Davray, née Marie-Louise Gournay le 27 janvier 1919 à Paris, fait en 1941 sa première figuration au studio Francoeur où Jean Boyer tourne la Romance de Paris
. Elle est engagée dès l’après-guerre par les Tournées Catriens avant d’entrer dans la Compagnie Noël Vincent pour tenir le rôle de l’Infante dans une adaptation en costume du Cid
de Corneille. Ses prestations remarquées lui permettent d’accéder à des rôles de plus grande envergure et elle joue dans Fric-Frac
avec Michel Simon en 1950. Ses apparitions au cinéma sont de plus en plus nombreuses jusqu’à obtenir des seconds rôles marquants : Marie dans Casque d’Or
de Jacques Becker, la bouchère exubérante de Jean-Paul Le Chanois (Papa, Maman, la bonne et moi
, 1954) ou encore celui de Mme Bouche, prostituée de Touchez-pas au grisbi
(1954). Cela sera sa première rencontre avec Jean Gabin, collaboration qu’elle renouvellera avec Mélodie en sous-sol
(1963), Maigret tend un piège
(1958) et le Tatoué
(1968). En 1954, elle est conviée par la Paramount pour jouer dans La Main au collet
d’Alfred Hitchcock. Elle part pour Hollywood avec Charles Vanel. L’année suivante elle rejoint le casting de l’ambitieux Notre-Dame de Paris
de Jean Delannoy avec Gina Lollobrigida. Alors que, de 1956 à 1959, elle tient le rôle de Rose pour Félicien Marceau et Jacques Duby dans L’œuf
- succès mondial – elle rejoint Henri-Georges Clouzot pour Les Espions
en 1957 où elle incarne une Alsacienne plus vraie que nature dans la clinique du docteur Malic. Elle participe en 1962 à la pièce concert l’Orchestre
de Jean Anouilh (92 représentations), pièce faisant partie des Nouvelles pièces grinçantes
. La même année au cinéma elle rencontre Agnès Varda et tient le rôle de la gouvernante, Angèle dans Cléo de 5 à 7
. Elle sera créditée dans plus de 70 films pour une carrière variée s’essayant à tous les genres. Elle fut la partenaire de Bourvil (Le Passe Muraille
, 1960 - Le Tracassin
, 1961), de Jean-Paul Belmondo (Cartouche
, 1962) ,de Charles Aznavour (Paris au mois d’Août
, 1965), de Jean Claude Brialy (Cent briques et des tuiles
, 1963 - Eglantine
, 1971 - Les Volets Clos
, 1972), de Louis de Funès (Les grandes vacances
, 1967 - Le gendarme se marie
, 1968 - Le gendarme en ballade
, 1970), de Gérard Depardieu (Les Valseuses
, 1974), de Bernard Blier (Les Tontons flingueurs
, 1963 - Les Bons Vivants
, 1965, Calmos
, 1975),de Alain Delon (Le Gang
, 1976)… Durant toute sa carrière, elle alterne cinéma et théâtre. Elle monte une dernière fois sur scène au théâtre Marigny en 1981 pour interpréter une pièce de Sacha Guitry Deburau
à 60 ans. ès 1963, elle saisit les opportunités qu’offrent les rôles de télévision et prend part très tôt aux productions télévisuelles de l’O.R.T.F. Elle enchaîne les rôles dans les sagas populaires et les téléfilms dont Emile Zola ou la conscience humaine
de Stellio Lorenzi (1976), rôle qui lui vaudra une reconnaissance du public. En 1970, elle retrouve Agnès Varda pour son documentaire Nausicaa
(dont la diffusion sera censurée). Elle joue une dernière fois le rôle de mère maquerelle pour le téléfilm allemand Dans la tourmente
de Michael Braun en 1983. Dominique Davray décède le 26 août 1998 à Paris à 79 ans.