Les Songhaï vivent sur les bords du fleuve Niger, au milieu d'une nature et d'une faune millénaires. Leur village est constitué de greniers à nourriture en terre séchée et de paillotes. C'est un peuple d'artisans, de bateliers et de pileurs de mil, vivant de la culture, de la chasse et de la pêche. La recherche de viande est l'objectif de la saison sèche. La consécration des harpons à flotteurs au génie du fleuve, via un sacrifice de mouton, est le prélude rituel à la chasse à l'hippopotame. L'assaut sur l'animal, à bord de pirogues, se fait en deux phases. Des chants rythment le dépeçage et le fumage, puis les parts à manger tout de suite sont séparées des blocs de réserve. Sur la place du village, c'est maintenant l'heure des danses sacrées. La danse des génies ou danse de la possession réunit les femmes et les hommes au son des calebasses. le rythme s'accélère, l'emprise des génies est progressive jusqu'à l'extase. Une femme entre en transe, possédée par le génie du fleuve. L'hystérie se traduit par des convulsions, l'émission de bave et des sauts désordonnés. Le village retrouve son calme dès le lendemain et la vie quotidienne reprend.
Mots clés :
Possession (surnaturel), Rituel, Chasse, AOF - Afrique-Occidentale française, Sacrifice (rituel), Ethnographie, Hippopotame, Niger (fleuve), Songhaï, Transe
Genre :
Documentaire
Genre(s) précis :
Film ethnographique
Lieu(x) de tournage :
Niger
Note générale
CNC : Par manque de financement pour le montage du film, Jean Rouch vend ses rushes aux Actualités Françaises qui remontent son film, sous le titre "Au pays des mages noirs", dans un ordre qu'il n'a pas voulu et accompagné d'un commentaire paternaliste. Ce montage place la scène de transe à la fin du film, ce qui est inexact puisque la demande adressée au dieu précède la chasse à l'hippopotame. Cependant, Rouch ne renie pas cette version car bien qu'erronée sur le plan ethnologique, elle est vraie sur le plan cinématographique.