Les adolescents des tribus des Etons et des Manguisas du Cameroun n'entrent dans l'âge adulte qu'après avoir subi les épreuves rituelles d'initiation sso, organisées par les sorciers et les vieux initiés. Avant cette période, ils sont soumis à des interdits et des cérémonies d'expiation. L'enfant du vieux Bilima, malade, subit là les conséquences d'une rixe ancienne non expiée. L'initiation fait alterner épreuves et réjouissances. Les candidats, lavés et habillés, sont exhibés sur une estrade. Un arbre-fétiche est sculpté et installé selon un rituel immuable. Des retraites sous abri et des séances de fouet ponctuent les épreuves. Une pêche aux crabes, la chasse, le piégeage des animaux, la cueillette des noix de kola et l'identification de lianes constituent l'apprentissage. La reptation sous voûte d'épines et le passage dans un souterrain aux parois garnies de poil à gratter, des fourmis sur le dos, testent l'endurance. Le tatouage du signe du sso est pratiqué le long de la colonne vertébrale des candidats et le corps couvert de pochoirs. Des initiés dansent sur l'arbre-fétiche, et un cabri est sacrifié. Le pillage et le sac des cases est l'ultime enseignement avant la fête générale finale.
Mots clés :
Groupe humain, Cameroun, Cérémonie rituelle, Danse rituelle, Rite initiatique