Les Charentais fabriquent le cognac depuis le seizième siècle. Depuis longtemps acheminé par attelages de bœufs et gabares, sa vie commence à la vendange dans les cépages de colombard, folle blanche ou sémillon. Pressées après fermentation, les grappes donnent le vin blanc des Charentes, sec et acide. La distillation s'effectue dans des alambics de cuivre rouge par une méthode ancestrale. Deux chauffes successives vont donner un concentré de vin de vingt-huit degrés dont seul le cœur est conservé. Dix litres de vin fournissent un litre de cognac. Puis c'est l'heure du tonnelier et du maître de chai, gardiens de la double distillation et du mélange qui donnera à l'alcool son goût terré et fruité. Le vin est stocké sur des douelles fendues à la main, qui sont jointes sur une collante puis assemblées à l'aide de cercles et cintrées par le fer et le feu. Les barriques sont chantournées et le fond tassé. Le vin s'oxydera et se chargera de tanin, lui donnant goût et bouquet. La suite de l'évaporation, dite la part des anges, représentera trois pour cent du volume par an. Le maître de chai procède à l'assemblage d'eaux-de-vie d'âge et d'origine différents dont il garde un échantillon dans de grands foudres. La mise en bouteilles est automatisée sur des manèges et toboggans. A la fin du processus, le vigneron repart tailler les ceps noueux dont il coupe les sarments.