En 1942, le service général de la maladie du sommeil, sous l'autorité du gouvernement général de l'Afrique occidentale française, est chargé de combattre le fléau qui touche la population africaine. L'organisation, basée à Bobo-Dioulasso, en haute Côte d'Ivoire, a divisé l'AOF en vingt-six secteurs de prophylaxie. Dans chacun d'eux, un centre accueille les malades les plus touchés dans des hypnoseries comprenant des cases d'hospitalisation, des hangars à sieste et une salle de traitement. Des équipes de prospection se rendent dans les villages pour dépister les malades. Les médecins examinent les ganglions du cou des villageois recensés, puis des infirmiers indigènes observent au microscope le suc ganglionnaire des éventuels "sommeilleux". En cas de trypanosome, le médecin pratique sur place une ponction lombaire, qui déterminera l'état d'avancée de la maladie et le traitement à administrer. Parallèlement, d'autres équipes nettoient et réhabilitent les endroits où les mouches tsé-tsé prolifèrent. Les malades sont régulièrement visités et soignés, dans leur village, par des équipes d'infirmiers indigènes itinérants, formés par des enseignants français dans des écoles spécialisées.