Au XVIIe siècle, les Turcs occupaient la Bulgarie qu'ils tenaient asservie. Karaïvan avait quitté ce matin-là sa jolie épouse et sa petite fille Maria pour mener son troupeau de chèvres dans la montagne. Durant son absence, des seigneurs turcs s'introduisirent chez lui, violèrent et tuèrent la jeune femme. Lorsque Karaïvan revint chez lui, ce fut pour trouver sa petite fille en larmes près du corps de sa mère. Le berger incendia sa maison puis s'éloigna avec l'enfant dans la montagne. Neuf ans passèrent. Karaïvan éleva sa fille à la dure : il lui apprit surtout à se battre comme un homme afin qu'elle puisse venger elle-même sa mère assassinée. Trois des coupables tombèrent bientôt sous les coups d'une corne de chèvre spécialement affûtée. Un jour, non loin du lieu où elle habitait avec son père, Maria rencontra un berger et en tomba amoureuse. Pour la première fois, elle revêtit des habits féminins ; pour la première fois, elle découvrit que la vie pouvait être synonyme de bonheur ; pour la première fois, elle répugna à tuer. Elle exécuta cependant son dernier meurtre. L'affection exclusive qu'il éprouvait pour sa fille poussa Karaïvan à se débarrasser de celui qui lui avait volé sa fille. Désespérée, Maria mit alors le feu à la cabane pour mourir aux côtés de son bien-aimé.