Le calme bonheur familial d'un modeste menuisier de village est troublé - comme tant d'autres - par l'entrée en guerre de la Russie en juin 1941. Marié A une épouse dévouée, père de quatre enfants, ce soldat russe dont le cinéaste nous conte les douloureuses épreuves, quitte son village à la déclaration de guerre, accompagné à la gare par sa famille accablée par l'atroce séparation. Sa jeune femme a le pressentiment qu'elle ne le reverra jamais. Fait prisonnier, ce soldat ne survit aux terribles traitements de la captivité que grâce à sa force physique et son courage. Le travail inhumain des camps de concentration, la sous-alimentation, les brimades perpétuelles l'incitent à fuir pour rompre avec cet univers infernal. Mais après quatre jours d'errance à travers bois et champs - où il se nourrit d'ailleurs d'herbe et de grains de blé - il est repris par les policiers allemands et leurs chiens et emprisonné. Remarqué pour sa force exceptionnelle et son énergie remarquable, il devient le chauffeur d'un officier supérieur et force un jour, au volant d'une voiture, les lignes de combat pour se retrouver dans sa terre natale. De retour à son village entièrement détruit par les bombardements, la plus grande des épreuves l'attend : ne plus retrouver aucun des siens. Ayant gardé quelque espoir de revoir son fils aîné enrôlé dans l'armée, seul survivant de ce foyer détruit, il en apprend bientôt la mort glorieuse. C'est alors qu'il recueille un petit garçon abandonné, vivant de la charité publique et devient pour lui ce père que l'enfant avait toujours pensé revoir un jour.