En 1829, François Buloz crée "La Revue des deux mondes", vouée à la littérature, l'histoire, les arts et les sciences. Il ouvre ses colonnes à quelques grands noms de l'époque : Chateaubriand, Sainte-Beuve et ses portraits littéraires, Lamartine et Balzac. L'historien Augustin Thierry apporte un autre regard sur l'histoire de France, et Lamennais livre ses impressions d'Italie. L'art prend une place importante avec Eugène Delacroix, qui juge et défend les artistes de son temps. George Sand, sa collaboratrice, envoie de Venise ses "Lettres d'un voyageur" et rencontre le jeune poète Alfred de Musset, qui offre à la revue son premier roman, "Confession d'un enfant du siècle". Mérimée célèbre l'Espagne, Stendhal l'Italie, Renan présente "Mahomet et les origines de l'islamisme". La revue s'ouvre également à la littérature étrangère avec Tourgueniev, Pouchkine, la princesse de Belgiojoso, les soeurs Brontë et Edgar Allan Poe. Rossini, Berlioz et Chopin animent la rubrique musique. Les poèmes de Heinrich Heine sont mis en musique par Schumann et traduits par Gérard de Nerval. Toujours à l'avant-garde, Buloz fait publier les vers de Charles Baudelaire. Avec les Parnassiens viennent les gloires nouvelles : José Maria de Heredia, Paul Bourget, Maurice Barrès, Maupassant ou encore Anna de Noailles. L'idée de François Buloz s'est pleinement réalisée.