En 1952, l'édification du barrage de Tignes permettra le fonctionnement de la centrale électrique de Malgovert. Le cimetière, les bâtiments officiels et l'église sont déménagés vers les hautes terres ; bon gré mal gré, les Tignards prennent la route de l'exode. A la fonte des neiges, l'Isère submergera Tignes et créera un lac ; un barrage ferme désormais la vallée. Pour utiliser la puissance de l'eau à son maximum, il faut l'acheminer par conduite forcée jusqu'à la centrale de Malgovert, ce qui exige le percement d'une galerie à travers la montagne Mont-Pourri. Quinze kilomètres sont percés de chaque côté par deux équipes de mineurs, qui doivent se rejoindre à un point donné par les ingénieurs. Les mineurs percent la roche, installent la dynamite. Après l'explosion ils déblaient, bétonnent la galerie à l'aide du coffrage télescopique, fixent les poutres d'avancement et recommencent. Le 8 janvier 1952, les deux équipes se rencontrent et la galerie est ouverte. Le barrage achevé, le président de la République Vincent Auriol inaugure les installations. A la fermeture du chantier, c'est l'heure du bilan : soixante ouvriers sont morts au cours de la construction, mais, grâce aux efforts de tous ces hommes, la centrale de Malgovert offre de la lumière et du confort à des milliers de foyers.