Pierre, conducteur d'engin sur le chantier de construction du barrage du Mont-Cenis, part chaque matin de Lanslebourg en autocar pour s'y rendre. L'altitude, le froid et la neige empêchant les travaux de terrassement, seul le travail souterrain continue l'hiver. Le barrage est de type massif de stabilité en enrochements compactés, noyau de terre étanche, recharge amont de terre, avec enrochement protecteur. Ancré au rocher sur les deux tiers de sa longueur, il s'appuie sur un cône de déjection peu perméable. Après chaque sautage hebdomadaire, la noria des tombereaux que remplissent les pelles mécaniques s'active jour et nuit. Les agrégats sont compactés et arrosés en permanence afin de réduire les vides. La terre du noyau est régalée au bulldozer en levées de quarante centimètres, celle de la recharge, quatre-vingts, puis compactée au rouleau vibrant. Le captage et la dérivation de l'Arc remplissent la retenue, d'où deux galeries en charge iront alimenter les usines de Villarodin et Venaus côté italien. Deux conduites forcées complètent le dispositif. De type semi-enterrée, la centrale est équipée de deux groupes verticaux à turbines Pelton. Après six ans de travaux, la mise en eau a lieu en 1968.