Les rondes enfantines sur les places de village ont durant les années de guerre été plus d'une fois interrompues par une alerte aérienne. Aux Mesnuls, château de Seine-et-Oise du XVIe siècle, un centre de réadaptation fonctionnelle reçoit les enfants mutilés. Pierre, amputé d'une jambe, et Robert, dont la main droite est mutilée, y sont amenés par une assistante sociale. Ils sont accueillis par la directrice et le directeur de l'enseignement. Robert découvre le dortoir pendant que le degré de handicap de Pierre est estimé par test. Un pensionnaire montre les divers ateliers du château : cordonnerie, horlogerie dans l'orangerie, dirigé par un professeur suisse, modelage pour les plus jeunes, atelier photo. Des colis venus d'Amérique sont réceptionnés par les grands. Repas, lecture ou écriture au foyer, massages, culture physique et visite médicale deux fois par semaine rythment les journées. Pierre est maintenant rédacteur en chef du Ménestrel, le journal interne. La disparité des âges reflète l'instruction chaotique des années de guerre. Après la classe, baignade, goûter, football, jardinage, petit élevage, feu de camp ramènent de la joie de vivre.