La France compte trente-cinq mille aveugles. Trois cents d'entre eux séjournent aux Quinze-Vingts, hospice créé par Saint Louis pour les mendiants aveugles. Les maladies de la vue y sont diagnostiquées grâce à des appareils de haute précision. La cécité peut être de naissance ou accidentelle, et la canne blanche devient alors indispensable à l'horloger ou au boxeur gravement blessé. A la congrégation de Saint-Paul, à Saint-Mandé, les enfants aveugles reçoivent une éducation basée sur le toucher et l'ouïe. Ils apprennent aussi à maîtriser les gestes usuels du quotidien. A la section départementale de Saint-Mandé, des cours de géographie et d'arithmétiques leur sont dispensés en braille. Les soeurs de la congrégation de Saint-Paul utilisent la première presse en braille et, à l'imprimerie de l'association Valentin Haüy, l'impression et le brochage sont assurés par des aveugles typographes. L'hôpital possède une bibliothèque d'ouvrages en braille. Par ailleurs, des exercices physiques permettent à l'aveugle de maîtriser ses déplacements. En ville, il fonctionne sur les ondes qu'il perçoit, et son odorat est primordial. Il excelle dans des métiers aussi différents que masseur, téléphoniste ou vannier. Les progrès de la chirurgie oculaire permettront à certains de découvrir ou de recouvrer la vue.