Rude contrée, les Cévennes sont constituées de plateaux, ravins et vallées profondes. Les Cévenols, durs à l'ouvrage, ont gagné des terrasses sur le roc de la montagne, élevé des barrages pour retenir la terre et constitué des pacages pour leur bétail. L'élevage des moutons, la récolte des châtaignes et l'élevage des vers à soie sont les seules richesses de cette nature splendide mais âpre. La magnanerie, ou élevage des vers à soie, permet à deux mille foyers de rester sur la terre ancestrale. En avril, les familles séricicoles vont chercher des boîtes de graines ou oeufs de vers à soie à la coopérative. Les éleveurs placent ces graines dans des couveuses où elles resteront vingt jours. Dans les magnaneries désinfectées, des claies en canisses de roseau sont installées pour les futures larves. On place sur les oeufs éclos une mousseline que les vers traverseront, laissant leur coque vide derrière eux. On les recouvre alors de feuilles de mûrier qu'ils dévorent ; grâce à cette alimentation, leur taille va passer de 1 à 6 centimètres de long. Trente-cinq jours après leur naissance, les vers entrent en mue et forment leur cocon. Ces cocons, pouvant contenir jusqu'à 1500 mètres de fil de soie, sont apportés à la ville et vendus à un prix décidé dès l'hiver. La coutume veut que l'on offre au prêtre et au pasteur une brassée de cocons pour décorer l'autel.