Un homme qui a élu domicile à proximité d'une voie rapide d'une ville italienne, sous un hangar fait de bric et de broc, énonce ses conceptions créatrices pour la réappropriation de son environnement. Elles sont aux antipodes des urbanistes, dont il déplore les schémas formatés et imposés. Il prône une récupération des espaces provisoirement disponibles pour y développer une créativité appliquée, basée sur la réutilisation des ressources naturelles du territoire. Les matériaux hétéroclites récupérés y acquièrent une dimension fonctionnelle et donnent aux activités manuelles atrophiées un nouveau souffle. Il nie le désir de possession, soustraction de l'espace avec panneaux dissuasifs. Il invente des itinéraires dits préférentiels, libérés des parcours codifiés des fonctionnaires du trafic. Les lieux imposés, gare, place, stade, parc, ruines, crypte, sont à fuir au profit du modèle mental d'un espace modifié par l'expérience personnelle. Il établit des plans de la ville où sont successivement tracés les parcours des points d'information, des itinéraires préférentiels, des images et signaux permettant l'orientation, et enfin des endroits où il a ressenti et mémorisé des phénomènes émotionnels.