Mariée depuis trois ans, Renée, qui n'a pas connu ses parents, veut un enfant. En quête de maternité, elle consulte à nouveau un médecin. Une douleur lancinante occupe son corps autant que son esprit, mais l'examen corporel ne révèle rien de notable. C'est plus le moment d'échanges entre le médecin et sa patiente sur la grossesse et l'enfant, sur le père. La réalité n'est-elle pas dans l'insondable que les mots essaient de combler ?Quel est le rôle et le pouvoir du soignant ? Le médecin reçoit le couple pour parler de la grossesse, un traitement est instauré, mais suffit-il de vouloir être enceinte, comme Renée, pour le pouvoir ? Deux ans ont passé, Renée est moins focalisée sur le symptôme qui reste douloureux mais tolérable, les entretiens et la danse l'ont beaucoup aidée. Peut-elle maintenant faire un enfant, quelque chose a changé, elle le ressent plus qu'elle ne peut le dire. En consultation, les confessions de Cécilia, une femme de quarante-trois ans, qui vingt ans auparavant a conçu et porté, fabriqué un enfant pour elle-même, avant de le confier à sa propre mère et de ne plus le voir, permettent au médecin de mieux entendre, comprendre Renée. Être femme, c'est peut-être être désirée ou rendre possible le désir d'un autre, source de reconnaissance, de renaissance pour Renée, Cécilia ou encore Eve, la Femme, la mère des mères, la mère mythique.