La cérémonie du Sigui célébrée tous les soixante ans, pendant sept années consécutives, par les Dogons des villages de la falaise de Bandiagara au Mali, commémore la révélation de la parole aux êtres humains, et la mort et les funérailles du premier ancêtre. En février 1969, troisième année du Sigui, tous les anciens du village de Bongo se réunissent autour du doyen, Anaï, pour organiser la cérémonie. Les quatre Olubaru, jeunes hommes des quatre villages de Sanga du bas, gardiens des quatre grands masques nouvellement taillés, font retraite dans la caverne du Sigui. Des jeunes garçons taillent les rhombes à l'image de la voix de l'ancêtre. Dans le grand champ de famille indivise, face à la caverne, les anciens rafraîchissent les peintures de l'autel consacré à l'ancêtre et les hommes peignent les crosses-sièges en rouge. Le jour du Sigui, tous les hommes de moins de soixante ans, en costume de cérémonie, se placent par strict rang d'âge tout autour du champ de lignage et peuvent voir, dressés contre le rebord de la caverne, les grands masques. Puis, ils s'assoient sur les crosses-sièges, face au champ de lignage, et attendent la distribution de la bière de mil, symbole de la récolte collective. Groupés autour de l'autel, les anciens appellent à danser le Sigui et les danses du rythme du chemin et du rythme du Sigui se succèdent. Le champ de lignage est envahit par les processions serpentines des quatre villages au son des tambours. Sous la caverne, les anciens ponctuent les danses de tirades en langue secrète du Sigui. Ainsi l'ensemble des générations de mâles des quatre villages de Sanga du bas aura célébré le Sigui.
Mots clés :
Mali, Cérémonie rituelle, Dogon, Sigui