Grande exportatrice de produits manufacturés en cuir et grande importatrice de peaux, la France est néanmoins approvisionnée par son propre élevage. Les défauts de dépouille sont tarifés et les peaux vendues aux enchères. Le cuir, d'abord brut, salé en France ou séché dans les pays exotiques, retrouve du volume dans le bain cimenté du reverdissage, avant d'être immergé dans un bain de chaux. Les peaux à poils subissent un bain épilatoire et passent à la machine à ébourrer. Les peaux de laine reçoivent un enduit épilatoire côté chair. Les lambeaux de chair sont tranchés à la main pour la haute qualité, ou en machine pour le cuir de série. Les peaux épaisses sont refendues pour donner le dessus, ou fleur, et le dessous, ou croûte. Le déchaulage et le confitage débarrassent les petites peaux des produits chimiques et donnent la peau en tripe. Le tannage, enseigné dans une école, est végétal pour les cuirs épais ; en foulon, suivi d'un couchage en fosse, au chrome pour les peaux en dessus ; en tonneaux fermés, à l'alun, pour les peaux blanches ; ou à l'huile pour les peaux souples, en foulon de chamoiseur. Le cuir tanné subit alors diverses opérations physiques : première sèche, mise au vent, retenage, deuxième sèche en grenier ou en étuve, battage au marteau. Les peaux destinées à la reliure passent au dolage à la meule et au chagrinage manuel. Le cuir verni est séché au soleil. Deux écoles forment aux métiers de l' industrie du cuir. Celle de Paris forme les commerciaux et les techniciens, celle de Lyon les ingénieurs.