Au Soudan, les Samaké de N'Tentu se disent descendants de l'Eléphant noir. Ils vivent dans un ancien village fortifié dominé par une colline sacrée. L'arbre "banan" le long duquel les âmes des défunts montent au ciel, protège le village. Tous les lundis, on arrose du sang des sacrifices la tombe de Dadiézié, ancêtre fondateur et celle de son frère, sacrifié aux portes du village. Lorsqu'une femme meurt, on jette les trois pierres de son foyer, sa cuillère et sa marmite au carrefour des trois routes hors du village. De bonne heure, le matin, les femmes vont au puits. Les hommes construisent leurs habitations, les potières (qui sont souvent exciseuses) pétrissent l'argile ; leurs maris sont forgerons et travaillent le fer et le bois. Pendant les heures de grosse chaleur, les enfants jouent à une sorte de jeu de dames, les petites filles dansent autour de leur poupées, leurs aînés filent le coton, un ancien captif tisse sur la tombe de l'ancêtre fondateur du village. Les femmes font périodiquement des sacrifices à un génie triple qui vit sous terre. Les viandes du sacrifice sont partagées entre les femmes de l'Est et de l'Ouest.
Mots clés :
Femme, Soudan, Vie quotidienne, Religion, Sacrifice (rituel), Rite africain