Mai 1936. Soutenu par les partis démocratique et conservateur, le général M. gouverne la Grèce. Cette époque tumultueuse est marquée par de nombreux attentats politiques. A la suite de l'assassinat d'un dirigeant syndicaliste, la police s'empresse d'accuser un jeune indicateur, Sofianos, devenu inutile, voire dangereux. Dans la cellule où on l'a enfermé, Sofianos retient en otage un député, venu lui rendre visite ; malgré les adjurations des autorités et de ses proches, il garde son prisonnier sous la menace d'un pistolet qu'il s'est mystérieusement procuré. Le gouvernement se trouve vite placé devant un dilemme : perdre l'appui des conservateurs en penchant du côté de l'intransigeance, s'attirer la haine des démocrates en cédant au chantage. Pendant qu'il tergiverse, le frère et l'avocat de Sofianos tentent de trouver des faits qui innocenteraient l'accusé ; mais les preuves disparaissent, les témoins se taisent. L'avocat lui-même est enlevé. Devant une situation qui ne peut s'éterniser sans danger, le gouvernement décide d'empoisonner Sofianos ; mais l'attentat échoue. On fait alors venir un tireur d'élite qui, après avoir minutieusement étudié les lieux, passe à l'action. Ayant fait l'obscurité dans toute la prison, il va, en visant à une distance impressionnante, blesser mortellement la silhouette de Sofianos se détachant derrière la seule fenêtre restée allumée. Le lendemain, plusieurs prisonniers politiques seront exécutés et leurs corps rejoindront, dans une charrette, celui de Sofianos. La dictature aura frappé les trois coups.