Avec un milliard de mal-logés dans le monde, construire pour le peuple est une nécessité. Six architectes des mondes arabes et méditerranéens s'expriment sur les tensions entre modernisme et traditions. Un koweitien, Ghazi Sultan, explique qu'en vingt ans, avec le boom pétrolier, Koweit City a vu sa population se multiplier par cinq et sa superficie par vingt. L'assimilation au modèle occidentale a entraîné la construction de luxueuses villas modernes qui a pour conséquence d'atomiser la structure familiale. Un égyptien, Hassan Fathy, raconte que les maisons traditionnelles arabes sont fermées vers l'extérieur et privilégient les cours intérieures alors que les nouveaux habitats, au contraire, exposent des balcons vers les rues. L'architecte préconise l'emploi de la brique rouge qui donne une meilleure amplitude thermique que le béton ainsi que des méthodes de construction traditionnelles respectueuses des cultures ancestrales. Après son indépendance, l'Algérie a dû faire appel à des architectes étrangers pour construire de nouvelles agglomérations. Un français, André Ravereau, travaille à Ghardaïa où il conçoit des habitations avec des terrasses et des locaux intérieurs interchangeables selon les horaires et les saisons. Deux frères égyptiens, Hany et Abderrhamane El Minaoui, bâtissent un village agricole avec des briques de boue locales qui permettent l'autosuffisance pour la construction. Georges Candilis a conçu la ville nouvelle de Toulouse-Mirail. Avec les nombreux grands ensembles érigés, l'espace dégagé a permis de creuser un lac pour le repos des habitants. Candilis explique que, telle la ville arabe, l'urbanisation a pour but de rassembler les habitants pour améliorer leur plaisir de vivre ensemble.
Mots clés :
Ville, Développement économique, Architecte, Ville nouvelle
Genre :
Non fiction
Lieu(x) de tournage :
Koweït, Le Caire, Ghardaïa, Toulouse