Un fantôme vient errer dans les escaliers et les couloirs du théâtre des Champs Elysées. C'est Gabriel Astruc qui, issu du journalisme, n'a eu de cesse de le faire édifier. Il expose ses plans de construction au comte Isaac de Camondo, mécène et banquier. Après une demande de concession en 1906, le gala inaugural n'aura lieu que le 30 mars 1913. Bâtiment tout en béton armé conçu par les architectes Auguste et Gustave Perret, c'est Antoine Bourdelle qui sculpta les bas-reliefs de la façade et de l'atrium. La décoration de la coupole fut confiée à Maurice Denis, qui y relate une histoire de la musique en quatre fresques. Le peintre Vuillard a parmi d'autres contribué à la décoration intérieure, les vasques d'éclairage sont du cristallier René Lalique. Malheureusement l'opéra, l'opéra comique se liguent contre Astruc, les critiques sont rapidement assassines. "Benvenuto Cellini", de Berlioz, fut un triomphe, "Le Freischütz" de Weber enthousiasma la presse, puis Diaghilev connut le succès avec ses Ballets russes. Ce fut la première du "Sacre du printemps" de Stravinsky avec Nijinski qui scella la perte d'Astruc, un parfum de scandale associé à la ruine financière. Seul Marcel Proust lui a été un soutien.
Mots clés :
Architecture, Paris, Art, Création artistique, Argent (monnaie), Danse classique, Agent artistique, Monument historique, Art dramatique, Musique classique, Champs-Elysées