Une touriste italienne regarde attentivement le tableau d'Henri Fantin-Latour du musée d'Orsay "Un coin de table". Un gardien vient annoncer la fermeture. Une fois la salle plongée dans l'obscurité, les personnages du tableau prennent vie. Au nombre de huit, il y a là autour d'une table des représentants du mouvement poétique du Parnasse : Paul Verlaine, Arthur Rimbaud, Ernest d'Hervilly, Camille Pelletan, un homme politique, et Léon Valade sont assis ; Elzéar Bonnier, Emile Blémond et Jean Aicard sont debout. Charles Baudelaire, à qui le tableau devait rendre hommage, est mort depuis quelques années. Albert Mérat est absent car il a refusé de poser aux côtés du sulfureux Rimbaud. Il a été ici remplacé par un bouquet d'hortensias. Blémond, rédacteur en chef de "La Renaissance littéraire et artistique", s'interroge sur les choix du peintre, les a-t-il choisis ou piégés ? Ils consultent les esquisses de la toile et conviennent que le peintre a privilégié l'attitude à l'individu, une composition en somme. Pour eux il manque Mallarmé. Rimbaud reproche de ne pas avoir été plus publié, estime la toile prophétique en s'attribuant la révolution des mots. Les quatre vérités fusent sur la Commune et Victor Hugo. Puis le tableau se fige à nouveau pour les visiteurs.