Le béton utilisé pour la construction du barrage de Tignes est à granulométrie discontinue, avec la moitié du poids de gros agrégats. Durant deux saisons, en 1951 et 1952, la moyenne journalière dépassait les deux mille mètres cubes et pouvait aller jusqu'à des pointes de quatre mille cinq cents. L'usine à béton fut construite sur le plateau des Boisses. Deux plateformes, sur un réseau de rails lourds, acheminent quatre berceaux-bennes vers des blondins situés au pied de pylônes mobiles. Sur les plots, l'humidification du béton est maintenue pendant la prise par pulvérisation ; sur les parements, par rampe d'arrosage ou flexibles. Les plots sont décalés pour l'accrochage des coffrages glissants, remontés plus tard par treuils à main sur trépieds, puis décapés à la brosse pneumatique. Des feuilles de cuivre font fonction de joints d'étanchéité entre les plots. Une huile de démoulage est pulvérisée sur la surface enduite des coffrages. La surface de reprise du béton est décapée deux fois, recoît un coulis de mortier et est serrée par pervibrations. D'énormes éprouvettes de béton testent alors sa résistance à la compression, et sa plasticité sur cône d'Abrams. Un dispatching radio général et sur plots des blondins assure une coordination permanente et instantanée.
Mots clés :
Aménagement du territoire, Barrage, Chantier de construction, Construction (édifice), Matériau