Au cours de la procession du 15 août, dans un petit village italien où règne le joyeux tintamarre de la liesse populaire, des coups de feu éclatent, qui réduisent la statue de la Vierge en morceaux, sans faire aucune autre victime. La panique vide les rues et la gendarmerie cerne la place où se trouve la maison du tireur : c'est un jeune maçon qui se barricade chez lui, muré dans un silence obstiné, avec sa femme, sa petite tille et le cadavre de sa belle-mère qui vient de mourir. Tout au long de la nuit, il refusera de répondre à son ami le carabinier, qui essaie de le convaincre de sortir et de cesser de décharger dans le vide les armes variées qu'il a entassées, Dieu sait comment, chez lui. Il brutalise sa femme terrorisée qui a grand peine à calmer les pleurs de l'enfant. Il tire toujours, sans raison, sur personne et, dévoré pourtant par la soif car on lui a coupé l'eau, repousse la limonade soporifère qu'on lui descend du toit dans un panier. Au matin, après avoir fait boire à sa femme l'hypnotique qu'on lui destinait, il la tue, jette toutes ses affaires par la fenêtre, remet l'enfant à son ami le carabinier et se livre sans un mot.