David éprouve quelques difficultés à trouver le sommeil. Demain est un grand jour ; une promotion l'attend, vice-président dans l'agence de publicité où il exerce avec talent son métier de chef-concepteur. Sa ravissante épouse, Linda, directrice du personnel d'un grand magasin, le calme par des propos rassurants sur leur avenir commun. En fait de promotion, c'est une mutation à New York qui est proposée. Le ton monte et David se retrouve sur le pavé. Loin d'être bouleversée, Linda voit la possibilité d'une nouvelle vie. L'épopée d'« Easy rider », le film qui a marqué leur jeunesse, les séduit. En avant sur les routes au volant, non pas de motos, mais d'un très confortable mobil-home, les poches bourrées de cartes de crédit et de chéquiers. L'arrivée à Las Vegas est des plus euphoriques. David s'endort le sourire aux lèvres. Lorsqu'il se réveille à l'aube, Linda n'est pas là. En pyjama, il la retrouve dans une salle de jeux. Tout y est passé, sauf le mobil-home et 800 dollars. La fureur succède à l'allégresse et les routes américaines deviennent soudain moins plaisantes. L'aventure, c'est bien mais sans dollars. Après bien des escarmouches, ils décident de s'installer dans une petite ville, choisie par hasard, et d'y refaire leur vie. La recherche de travail commence. Quand David annonce son ancien salaire, il n'a droit qu'à des sourires un brin moqueur. De refus en rigolades, il trouve quand même un job : surveillant de passage clouté ! Un emploi rêvé pour être la risée des gamins. Quant à Linda, sous le titre d'assistante-directrice. elle vend des hamburgers ! L'aventure a, d'un coup, perdu tous ses attraits. Cela ne peut plus durer. Linda et David se regardent, ils se sont compris. Le mobil-home fonce sur les routes, jour et nuit, et, un beau matin, les grattes-ciel de Manhattan se dressent à l'horizon. Finalement, le poste proposé à New York n'est peut-être pas si mal que ça !