Accra, 1954. Des hommes venus du Niger en Gold Coast pour travailler se réunissent dans un des faubourgs de la ville pour pratiquer le culte des Haouka, sorte de génies modernes. Les adeptes se retrouvent dans la concession du prêtre Mountyeba et commencent la cérémonie par la présentation des nouveaux adeptes, puis par une confession publique. Pour se faire pardonner, les fautifs sont sommés de sacrifier poules ou chèvres. Le rituel de possession peut désormais commencer. Sur l'air des Haouka joué par un violon monocorde, Mountyeba ouvre la danse. Lentement, le corps d'un des hommes se met à trembler : un Haouka s'est emparé de lui. D'autres suivent. C'est désormais tout l'état-major du pouvoir colonial britannique qui s'est rassemblé dans la concession. Gouverneur général, commandant, caporal de garde ou simple conducteur de locomotive ont pris possession des danseurs. Une « conférence de la table ronde » doit décider le sacrifice d'un chien. Égorgé et bouilli, il sert de repas aux « dieux de la force ». Le rituel touche à sa fin. Les adeptes reviennent à eux et rentrent à Accra. Le lendemain, souriants, ils reprennent comme à l'ordinaire leurs activités.
Mots clés :
Afrique, Art de la danse, Possession (surnaturel), Rituel, Sacrifice (rituel)
Genre :
Documentaire
Genre(s) précis :
Film ethnographique
Lieu(x) de tournage :
Accra
Note générale
CNC : Le premier montage bout à bout en 16 mm Kodachrome muet du film fut projeté au Musée de l'Homme avec un commentaire direct de Jean Rouch. Le film intéressa le producteur Pierre Braunberger (les Films de la Pléiade) et fut gonflé en 35 mm pour une diffusion commerciale. Il reçut le Grand Prix de la Biennale internationale de Venise en 1957 et fut présenté à la Pagode en complément de "La Nuit des forains" d'Igmar Bergman.